Evidemment, ce film a vocation à toucher le plus grand nombre. Evidemment, au-delà d'un certain âge, car on ne peut pas montrer ce film aux moins de 12 ans, et c'est raisonnable de ne pas le faire (sauf exception de maturité).
Le duo Ryan Coogler / Michael B Jordan a déjà sévi dans des films de "commande", Creed ou Black Panther. Ici, même si on continue de travailler pour une major, la Warner, c'est bien un script de Coogler qui est ici vendu. Donc, quelque chose de plus personnel.
Du pur divertissement
Evidemment, on est sur un film d'action mais pas que : du film de mafia et de ségrégation en costard. Du film de valorisation de la culture noire. Du film de blaxploitation. La première guerre mondiale est passée. Les gens sont bien habillés, il y a de la romance, du sexe, de la bagarre, de la violence. La vraie vie, quoi. Un peu stylisée.
Les vampires et le KKK contre le reste du monde
Evidemment, il faut bien que ce film parle de quelque chose de sérieux, sinon, vanitas vanitatum, évidemment. Que sont les vampires, si ce n'est une émanation du KKK ? Ils sucent le sang, vident les autres personnalités de leur substance, de leur conscience propre, ils transforment les noirs en danseurs celtiques, des marionnettes. Mais ne nous arrêtons pas au KKK. Ce sont les blancs qui ont écrasé toute autre ethnie, celle qui était déjà là comme celle qu'ils ont importé. Nous sommes des tueurs, nous les blancs, notre civilisation dite supérieure. Et parfois au nom de cette civilisation dite supérieure : les bienfaits de la colonisation my ass.
Et puis, la lumière
Parce que oui, la lumière existe. Je ne sais pas si on peut le qualifier de virtuose, mais ce long plan séquence au cours de la mégateuf dans le club de blues, qui célèbre tout le spectacle vivant des cultures noires, qu'elle soit américaine ou africaine, qu'elle provienne du fond des temps ou que l'on parle de rap, c'est un moment tellement intense, tellement vivifiant que finalement, c'est quand même la meilleure scène du film. En tout cas, celle que je retiens.
Mon enthousiasme déborde peut-être un peu de la qualité intrinsèque du film. Peu importe, c'était un bon moment.