Sinners a tout d’un grand film… en surface.
Le cadre est léché, l’ambiance prometteuse, la musique tape fort... Pendant un moment, on y croit. Et puis… ça s’effondre..
Le film balance un pêle-mêle de racisme, mémoire, folklore et vampires sans savoir quoi en faire. À trop vouloir être intelligent, il en devient bête. Après plus d'une heure d'exposition, l'intrigue part dans tous les sens avant de s'écraser dans une action brouillonne, comme deux films différents collés avec du scotch.
Le département technique n'arrange rien. Les effets spéciaux semblent conçus sur un ordinateur en fin de vie : le maquillage vampirique digne d'une soirée d'Halloween, les yeux laser, le sang numérique façon ketchup dilué, tout sonne faux. Summum du malaise : ces scènes "d'érotisme" d'une froideur clinique, jamais corps en mouvement n'auront produit si peu de chaleur.
Côté casting, Michael B. Jordan fait ce qu'il peut avec ses jumeaux mal écrits, qui tient plus du gadget que de la réelle proposition narrative. Autour de lui les personnages sont aussi mémorables qu'une liste de courses, interchangeables, oubliables. Les méchants, le Klan vampires aux yeux laser, sont cons comme des balais (aucun instinct de survie, aucune menace), et leur grand plan est tellement absurde que ça frôle la parodie. À aucun moment, on ne ressent la moindre tension, le moindre enjeu.
Même la bande-son, pourtant parfois réussie (une très belle scène au milieu du film le prouve), devient à la longue un cache-misère sonore. Elle martèle sans relâche pour masquer les trous béants d’un scénario qui ne tient pas debout.
C'était quoi, déjà, le theme du film ? ... Le racisme ? ... La mémoire ? ... Les cunni ?