Je viens de regarder ce film, et il me laisse un sentiment de colère. Dès les premières scènes, le réalisateur pose un cadre très marqué : les Blancs sont présentés comme les oppresseurs, et les Noirs comme les victimes. La ségrégation, les champs de coton, le Ku Klux Klan… tous les éléments sont là pour rappeler les heures sombres de l’histoire américaine. Le message est clair, voire caricatural.


Rapidement, le film adopte un ton qui me met mal à l’aise. Les insultes racistes à l’encontre des personnages blancs s’enchaînent sans retenue : "sale Blanc", "fromage blanc"... Comme si renverser les rôles suffisait à rétablir une forme de justice symbolique. Mais peut-on vraiment dénoncer la haine en reproduisant ses codes inversés ?


À cela s’ajoute un choix narratif étonnant : les Blancs sont littéralement représentés comme des vampires, des prédateurs sanguinaires, tandis que les Noirs incarnent les victimes innocentes ou les héros résistants. Cette allégorie, si elle se veut sans doute provocatrice, peut paraître simpliste, voire contre-productive.


Intrigué, je me renseigne sur le réalisateur. Je découvre qu’il est afro-américain. Ce détail, en soi, n’est ni une critique ni un reproche, mais il éclaire peut-être certaines intentions du film : faire ressentir aux spectateurs blancs ce que d’autres ont vécu historiquement. Cependant, je m’interroge : si un jeune spectateur noir découvre ce film sans recul, quelle image va-t-il se faire de "l’homme blanc" ? Et inversement, un jeune blanc ne risque-t-il pas de se sentir injustement attaqué ?


Ce genre de film me pose problème parce qu’il semble alimenter un autre type de tension. Il plante une graine de colère ou de méfiance, chez certains, qui peut grandir si elle n’est pas accompagnée d’une réflexion plus large.


Ce qui me surprend encore plus, c’est l’accueil globalement positif du film. Peut-être parce que son message est perçu comme étant du "bon côté" idéologique. Mais cela suffit-il à justifier une approche aussi manichéenne ? Personnellement, je reste sceptique.

TecGa
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le 21 juin 2025

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