T’es bête comme une oie, toi
Deux frères jumeaux reviennent dans leur ville natale du Mississippi pour faire table rase de leur passé dans la pègre.
L'Odyssée Pénible : Une Esthétique Pompéienne pour une Âme Vapide
Le septième art, dans ses aspirations les plus nobles, devrait enchanter l'esprit, captiver l'intellect et transporter l'âme vers des horizons inexplorés. Or, Sinners s'est hélas révélée être une expérience d'une laboriosité insigne, une véritable épreuve de patience que peu d'âmes bienveillantes, je le crains, parviendront à endurer sans succomber à une léthargie profonde. Loin de l'émerveillement promis par les dithyrambes anticipés, ce long-métrage s'est imposé comme une illustration flagrante de la grandiloquence stérile.
Une Entrée en Matière Exaspérante
L'initiation à cet univers prétendument novateur fut, pour ma part, une véritable descente aux enfers de l'ennui. J'ai dû, avec une persévérance que d'aucuns qualifieraient de quasi-masochiste, m'y reprendre à pas moins de cinq reprises afin de franchir le cap de son interminable et soporifique prélude. Ce démarrage, d'une lenteur pachydermique, étire indûment une exposition qui, sous d'autres cieux narratifs, aurait été distillée avec une économie et une efficacité bien plus appréciables. L'attente fut d'autant plus exaspérante que l'on nous promettait une incursion dans les arcanes du fantastique ; il fallut patienter une plombe interminable, un laps de temps d'une durée incommensurable, avant que n'apparaissent enfin ces dents acérées et sinistres que les rumeurs annonçaient avec tant d'emphase. Cette procrastination diégétique dénote un manque évident de considération pour la vélocité requise par l'attention du spectateur moderne.
Un Divertissement Insuffisant
L'œuvre tente, semble-t-il, d'embrasser le genre du film de créatures, mais échoue lamentablement à insuffler la moindre parcelle de l'énergie régressive et jubilatoire qui pouvait, par exemple, rendre un Une nuit en enfer si singulièrement divertissant malgré son esthétique parfois rudimentaire. Là où le film précité parvenait à nous divertir par son aspect volontiers primitif et sa truculence décomplexée, le métrage s'enlise dans une gravité affectée et une pseudo-profondeur qui se révèle, en fin de compte, d'une vacuité consternante. La prétention artistique ne parvient jamais à masquer l'absence criante d'un véritable dynamisme narratif ou d'une quelconque capacité à susciter l'adhésion émotionnelle du public.
Une Forme Qui Écrase le Fond
Bref, ce film s'avère être une fastidieuse démonstration de style, une succession de tableaux léchés et d'ambiances travaillées avec un soin quasi maniaque, mais le tout au détriment d'une substance narrative véritablement captivante. L'esthétique, certes souvent clinquante et opulente, ne saurait compenser l'indigence d'un récit qui se traîne, dépourvu de véritable souffle épique ou d'une quelconque capacité à surprendre. Le film se noie dans sa propre ambition formelle, laissant le spectateur exsangue et désabusé face à tant de vaine grandiloquence.