Alors déjà, dès le début, les changements de cadre aléatoires (parfois appréciables mais souvent surprenants) m’ont fait comprendre que j’allais vivre une expérience assez spéciale.
Effectivement, à plusieurs moments du film, on passe sans sommation d’un cadre très large, type IMAX, à un ratio artificiellement resserré. Je comprends l’effet d’immersion recherché, et je dois avouer que ça fonctionne plutôt bien — mais ça reste tout de même déstabilisant.
C’est dommage, car il y a de très belles ambiances et un esthétisme notable dans la première partie. Les personnages, notamment les deux jumeaux interprétés par Michael B. Jordan (oui oui, il joue deux rôles à lui tout seul), semblaient bien partis pour qu’on puisse s’attacher à eux. L’univers sonore, teinté de bleu, nous plonge directement dans le bain.
Les effets visuels volontairement grotesques (hématophobes, passez votre chemin) apportent un certain style et révèlent les influences tarantinesques de Ryan Coogler.
Mais très vite, le film se perd dans la multitude de thèmes abordés et les émotions qu’il tente tant bien que mal de transmettre.
Donc si vous avez deux heures à tuer, pourquoi pas… Mais ne vous attendez pas à une claque cinématographique, comme pourrait le laisser croire la première heure du film.