Tout d'abord, je tiens à préciser qu'il n'y a pas une once de snobisme chez moi, même en ce qui concerne mon essence de vie, à savoir le cinéma. Et que lorsqu’un film est plébiscité par tous, et que je me vois seul, abandonné sur le bas-côté, je pars toujours du principe que c’est moi, pour différentes raisons, qui n’ai pas réussi à monter à bord.
Mais là, il ne faut pas déconner…
Admettons que Hollywood peine à trouver depuis la mort cinématographique de Spike Lee, un grand réalisateur noir américain aussi engagé qu’enragé, aussi profond qu’esthétiquement séduisant, aussi impactant que régulier, mais là il ne faut pas déconner, et pourquoi pas prendre Fuqua et ses dragées ?
Au niveau scénaristique, se contenter d’emprunter à Tarantino, histoire de faire genre que je fais du cinéma de genre, mais sans le comprendre, sans l’envie, la passion, la folie et donc sans le plaisir, réduisant ainsi en bouillie Django au pays d’Une Nuit En Enfer ou inversement. Là, ça devient maladroit.
Foirer des scènes en les vidant de toute tension dramatique, telle que celle du test d’humanité, pourtant magistralement balisée par Carpenter dans The Thing (1982), là, ça devient lassant.
User et abuser des changements de format d’image, sans leur apporter la moindre valeur, la moindre force ou signification, là, ça devient ridicule.
Avec une première partie dite d’exposition qui se surpasse en étant aussi longue que superficielle, une équipe technique tellement à la ramasse que le rendu visuel, confondant de pauvreté, devient horriblement factice, et des effets spéciaux semblant dater de l’époque à laquelle se déroule l’action du film, on peut dire que là, il y a manifestement un problème.
Si à tout cela, on rajoute une poignée d’acteurs hagards, complétement abandonnés, n’ayant strictement rien à défendre, à tel point qu’ils finissent tous par se réduire en simples silhouettes archétypales, et là, ça devient effectivement un péché.
Certes, il est important que la Mecque du cinéma puisse se positionner politiquement, ça fait même partie de ses prérogatives, et ainsi renvoyer une autre image de l’Amérique aux yeux du monde, mais en le faisant n’importe comment, cala peut vite devenir contre-productif.
Au-delà de toutes ces nominations incompréhensibles, le seul message que l’Academy a envoyé en attribuant une statuette dorée à ce nouveau vrai faux duo de jumeaux, après ceux entre autres, de Armie « Hannibal » Hammer dans The Social Network (David Fincher – 2010), ou encore des Tom Hardy dans le Legend de Brian Helgeland (2015), c’est un gros doigt d’honneur à ses blancs-becs d’enfants terribles, pourris gâtés que sont le roi Leo et Timothée « ballerine crash » Chalamet.