Ryan Coogler et Ludwig Göransson reviennent avec une autre claque et offre un film à la fois spectaculaire et entraînant. Ce film est plus une lettre d'amour qu'un film d'horreur. Une lettre d'amour pour une époque (pas très lointaine) encore dans le désaroi, où la musique était la seule échapatoire des horreurs des hommes. Mais ce sont ces mêmes musiques qui attireront les horreurs d'une autre proportion.
Sinners, comme son nom l'indique, met en avant les péchés originaux à travers plusieurs personnages passionnants, poussés par leurs propres désirs et envies de grandioses. Il ne faut pas oublier Michael B. Jordan qui délivre une pérformance sur deux fronts, et qui les réussit si bien que l'on peut se demander s'ils ont trouvé un double pour son frère.
Pour moi, ce film fait partie de cette liste de films qu'il faut revoir plusieurs fois, d'une partie pour comprendre les différentes couches de thèmes et de messages qui sont parsemés tout le long du film, et de l'autre partie, pour mieux profiter des chansons et de la bande son qui mélangent histoire et spectacle.
Il ne faut pas s'étonner de voir autant de messages concernant la religion, notamment avec un titre comme celui-ci. Pour moi, ces messages sont utilisés pour montrer que dans un monde de religion, les croyances païennes ont également leur place dans le coeur des personnes (Annie, la femme de Smoke, en est un symbole). Le méchant dit même à la fin, vers la rivière, que les prières qu'utilisent le jeune héros pour se protéger, sont les mêmes qui ont été utilisées pour contrôler son peuple avant qu'il ne devienne un vampire. C'est sans doute cette phrase, parmi d'autres, qui poussera le jeune héros à s'enfuire de la paroisse de son père ensuite. Smoke quant à lui, retrouve sa femme et son enfant dans un au-delà, et Stack poursuit son propre chemin éternel avec sa copine Mary, baigné dans le sang de leurs péchés.