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Sky Sharks, Marc Fehse, 2020
Gourmand ce Sky Sharks ? Assurémment.
Produit en Allemagne, mais financé en partie par Kickstarter, le film montre les dents, en se voulant un concurrent sérieux aux films de série B gonflés à bloc.
Certes, il y a des nazis, et zombies en plus, certes, il y a des requins, de quoi déjà craindre un bingo des fantasmes des bisseux un peu évident.
Et pourtant, malgré son script facile, qui s’affaire autour de nazis zombies échappés d’une expérience scientifique secrète qui vont conquérir les airs avec leur flotte de requins génétiquement modifiés qu’une organisation militaire trouble va contrecarrer (oui, oui, tout ça), Marc Fehse, aux commandes du projet ne démérite pas.
Il prend son sujet au sérieux, sans verser dans l’ironie de bas étage. Il l’assume. Et si le ridicule transparait parfois, il arrive pourtant à créer le sentiment de menace bienvenu, offrant à ces nazis d’un autre genre des intentions troubles mais une dangerosité évidente, à l’efficacité mortelle. Le film décentre parfois son récit, pour mieux mettre en avant le niveau menaçant de ces pirates des airs sanguinaires. Sky Sharks n’est d’ailleurs jamais aussi bon que quand il prend la voie des airs, dont la dernière partie hors du plancher des vaches pour un ballet aérien et mortel assez jouissif.
Le film utilise alors le pouvoir des images, avec une mise en scène dont la grandiloquence frôle parfois l’excès, et le dépasse même en quelques cas, mais avec une évidente jubilation à jouer avec ses jouets. L’emphase pourra laisser à terre quelques réfractaires, mais l’ambition est bien là. Les effets spéciaux sont lourds et massifs et restent assez réussis, même si les coutures numériques sont parfois très évidentes. Il faut reconnaitre au film une évidente volonté d’impressionner, qui est parfois réussie, à l’image du travail sur les éclairages, qui jouent des contrastes entre un certain sérieux et un coté plus pop’ et colorée par d’autres moments.
Une prouesse technique et esthétique au bénéfice de son sujet de série B mais pleinement assumée, même s’il faut admettre que le film tient plus dans son visuel, que ce soit le travail sur son esthétique ou le rendu de l’univers froid et mystérieux de ces nazis taciturnes mais terriblement efficaces, que sur son histoire. Le film allemand fait comme les autres films européens qui veulent montrer leurs muscles sur la scène internationale : il recrute un large parterre d’acteurs américains à la renommée toute relative. Il est difficile de croire au plein investissement de chacun, à moins qu’il ne s’agisse de l’incapacitié du réalisateur à diriger ses acteurs. Mais leur cabotinage ou la mollesse de leur jeu assure aussi un certain bis bien appréciable, d’autant que certains sont plus convaincants.
Le récit n’hésite d’ailleurs pas à zigzager sur son parcours pour s’emparer de personnages qui auront parfois une destinée bien plus courte que leur introduction. Les nazis ou les requins volants ne font pas de sentiments, les exécutions sont expéditives, sans parlottes et ça fait du bien. Le sang gicle partout, même si les trucages numériques font regretter le certain plaisir des effets spéciaux à l’ancienne qui donnent du corps à ce genre de scènes grotesques.
On pourra pester contre cette ambition parfois mal tenue de Shy Sharks, qui n’a pas les épaules suffisamment solides pour certains de ses points. Et pourtant le film dans sa générosité laisse aussi deviner le soin de son équipe technique à offrir une oeuvre de série B solide, arrivant à installer ses quelques idées et notamment sa menace grâce à une mise en scène appliquée et tout le budget investi dans ses effets spéciaux. De quoi donner envie de découvrir une éventuelle suite qui viendrait conclure l’histoire ici présentée, le film s’achevant sur la victoire d’une bataille, pas sur la fin de cette guerre bis et jubilatoire.
Créée
le 2 juil. 2026
Critique lue 7 fois
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