Aimer quelqu'un qui adore les films catastrophes pourris (selon sa formule consacrée) n'est pas facile tous les jours.
Et pour préserver l'équilibre et la paix du ménage il faut faire des concessions qui font office d'héroïques preuves d'amour.


Quand Skyscraper a pointé le bout de son nez, mon baromètre à purges s'est affolé et prédire l'interminable séance de cinéma qui ne manquerait pas d'arriver me filait des sueurs froides.
Excusez du peu : Dwayne Johnson en tête d'affiche d'un gros blockbuster réalisé par un faiseur de comédies débiles qui nous promettait une partouze entre La Tour Infernale et Piège de Cristal.
L'angoisse.


J'ai tout tenté pour ne pas y aller.
"Hein ? Non, non il n'est pas encore sorti. C'est prévu en octobre."
Une ardeur dans la mauvaise foi totalement vaine.
On m'y a traîné.
Faut bien faire plaisir...


Et là je dois bien reconnaître que la débilité profonde du truc a dépassé tous mes pronostics les plus cyniques.



  • J'étais prêt à suivre un héros ex flic d'élite, informaticien, grutier, domoticien, père modèle et trapéziste indestructible.

  • J'étais prêt à admirer le gros lard repousser toujours plus loin les limites du ridicule à base d'exploits invraisemblables.

  • J'étais prêt à entendre l'incontournable musique pompière, d'un tâcheron de l'école Zimmer, qui fait des gros ♪ BROOOOOO ♫.

  • J'étais prêt à voir une brochette de méchants ringards se faire péter la gueule entre deux regards virilement appuyés.

  • J'étais prêt à regarder la famille s'enlacer en s'hurlant à la gueule le prénom des uns et des autres, au ralenti et sous les violons.


Mais qu'on m'annonce d'entrée de jeu que le fiston chéri a de l'asthme, ça je n'ai pas pu le supporter.


Alerte !


C'était la limite à ne pas franchir.
La ligne rouge du scénariste à euthanasier.
J'ai rendu les armes sans me battre.


Sans quoi les journalistes chinois sont formidables.
Ils filment à 1000 mètres de hauteur via des caméras invisibles et retransmettent le tout sur des écrans géants pour que des badauds extatiques acclament et prient pour la réussite de l'ennemi public n°1.
Merveilleux.


J'avais anticipé une daube.
J'ai eu pire.


L'amour...

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le 17 juil. 2018

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Mr-Potatoes

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