Le brillant réalisateur de Mission impossible parvient à sublimer un scénario conventionnel en forme de puzzle par une mise en scène virtuose et inventive, dont on retient le long plan-séquence magistral en ouverture, et quelques travellings vertigineux. Il suffit à De Palma de ce plan-séquence de 16 mn pour installer l'action et l'atmosphère de son film, car il en tire parti de façon remarquable en plaçant son héros ou plutôt son anti-héros au coeur d'un véritable ballet de corruption et de trahison.
Il est aidé dans cette tâche par un Nicolas Cage épatant en flic fiévreux et speedé, à une époque où il tournait de bons films ; il évolue entre cynisme et recherche de la vérité et fait face à un Gary Sinise exceptionnel. Comme souvent chez De Palma, l'intrigue toujours aussi compliquée n'est finalement qu'un prétexte à une analyse des comportements humains, on retrouve aussi des thèmes qu'il aime traiter dans la plupart de ses films, et toujours ces incroyables seconds rôles aux tronches pittoresques tels Luis Guzman, Stan Shaw, Kevin Dunn ou John Heard...
Malgré toutes ces qualités, je ne parviens pas à trouver ce film véritablement passionnant, je ne sais trop à quoi ça tient, peut-être est-il un peu surestimé, je n'en sais rien... mais il s'inscrit quand même parmi les meilleurs films de De Palma.