Sortilège est, somme toute, un film acceptable. On ne s'ennuie pas, on parvient à créer de l'empathie pour le héros, et certaines scènes sont globalement réussies (l'évasion sur les toits, la recherche du téléphone, la découverte de la cave...).
A mon sens, le vrai problème du film, c'est sa fausse originalité. Mark Tonderai a essayé de faire passer son film globalement convenu, suivant à la lettre les codes de l'horreur - séquestration, pour un OVNI bourré d'idées jamais vues. Or, ces idées n'apportent strictement rien au film.
Qu'apporte le fait que la famille se crashe en avion ? Strictement rien. L'avion ne sera jamais réutilisé. Ils auraient pu avoir un accident de bagnole ou d'autocar que cela n'aurait rien changé. On est ici sur du m'as-tu-vu, sur un unique délire de réalisateur qui voulait un avion.
Quel intérêt pour le personnage principal d'être venu en famille ? Sur 1h15 de véritable intrigue (si on laisse de côté les 15 premières minutes d'introduction), la famille n'est présente que 3 minutes. Il essayerait de sauver sa seule peau que cela ne changerait rien. C'est de l'épaississement inutile d'intrigue.
Il en va exactement de même avec son passé à la dure, la rencontre entre son fils et le gamin à la station, etc.
Cela dit, il est également impossible de passer sous les absurdités scénaristiques. Qui, en se réveillant d'un accident et en voyant que ses hôtes sont carrément chelous ne vérifient pas ses blessures sous les bandages ? Qui, en ayant perdu la voix et l'usage de ses bras, ne se fracasse pas la gueule contre la fenêtre pour faire un maximum de bruit quand la police est dehors ? Qui, en expédition quand ses geôliers sont partis, ne veillent pas à refermer derrière lui toutes les portes ? Qui, alors qu'il a entendu un téléphone sonner ne se met pas d'abord à la recherche du téléphone ?
Bref, on voit que, certes le film fonctionne. Mais qu'il est impossible de le déconnecter de ses fausses originalités et de ses absurdités scénaristiques. C'est un petit peu grotesque et donc dommage.