" Il vomit en bégayant ou quoi ?! "
" Attend tu veux que je te résume la situation là ? On est avec un timbré qui vient de dézinguer deux gugus, et j'ai pas vraiment la sensation qu'il va nous laisser partir avec la queue en l'air ! "
Soviet Connection nous plonge dans une atmoshpère paisible, à la fraiche, décontractée ... Accompagné par une musique légère et entrainante, le rythme à contre-temps nous définit le point de vue à adopter pour comprendre ce qui se joue devant nos yeux innocents. Tout comme les rôles à contre-emploi, où des protagonistes débarquent dans une affaire qui les dépasse, des mafieux aussi chanceux que la finesse d'esprit qui caractérise nos anti-héros, nous trouvons relativement vite notre place dans cette intrigue drômoise.
Ne vous inquiétez pas, "ca va être simple, vous allez demander le coli. Hein ? Allez, on y va, ça va bien se passer."
Tel un Sphinx voulant se farcir Oedipe, le scénario malmène chacun de ses personnages avec un plaisir machiavélien sans fin. Dans une ambiance empruntant à Délivrance ses Redneks, la montée de tension s'installant peu à peu dans le film, nous fait comprendre devant quelle situation merdique nous nous trouvons. Attention chérie, ça va saigner!
La réalisation soignée nous livre des plans esthétiques, réfléchis et utiles. Des grands moyens pour une petite production, la maitrise du travail est au service du scénar, pour que le rendu soit au plus proche de l'essence même de la Soviet Co. Immergée par d'excellents dialogues de sourds et des répliques percutantes dignes d'un Audiard, l'histoire reste constamment dans cette dichotomie, à la fois grave et ironique. Une question coenienne se pose alors à nous...
" Aurez-vous le courage d'en rire ? "
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