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le 15 juil. 2015
SuivreMJ sait.
Sam Raimi semble avoir entendu les compliments qu’on a pu lui faire sur le premier volet de sa trilogie consacrée à l’homme araignée, et va donc exploiter le même filon, équilibre savant entre action...
Comment va l’insecte ?
Peter Parker, épuisé par le fardeau écrasant d’une double existence entre vocation héroïque et aspirations personnelles avortées, voit ses pouvoirs vaciller sous le poids du doute, tandis que le savant Otto Octavius, métamorphosé en machiavélique Docteur Octopus par ses propres inventions dévoyées, s’érige en adversaire tourmenté dont la déchéance scientifique reflète en miroir les tourments intimes du héros arachnéen.
Fait suffisamment rarissime pour mériter d’être salué avec insistance : le métrage s’attache d’abord, prioritairement, aux tourments les plus prosaïques de Peter Parker — sa précarité pécuniaire chronique, ses déconvenues universitaires répétées, sa relation chaotique avec Mary Jane — avant même de songer aux prouesses acrobatiques attendues du justicier masqué. Sam Raimi ose ici, avec un courage scénaristique peu commun, dépeindre son protagoniste dans un état d’échec quasi permanent, presque endémique : en retard chronique à ses cours, incapable d’honorer son loyer, congédié sans ménagement de son emploi de livreur de pizzas, et impuissant, désarmé, démuni face aux tribulations financières de sa tante May.
L’idée, remarquablement audacieuse, selon laquelle les facultés arachnéennes de Peter se dérobent précisément lorsque son psychisme fléchit sous l’accumulation des tourments, insuffle à l’œuvre une dimension psychosomatique du plus bel aloi, transmuant l’infirmité surnaturelle en miroir fidèle et diaphane, de la détresse intérieure du personnage.
Le scélérat de cette seconde livraison fut plébiscité, pour sa profondeur tragique, s’écartant résolument du poncif du vilain monolithique et univoque. Loin de la folie schizophrène et histrionique qui caractérisait le Bouffon vert du premier opus, Otto Octavius se présente initialement comme un mentor bienveillant, voire paternel, avant que sa déchéance ne s’apparente à un authentique drame shakespearien, précipité par le deuil déchirant de son épouse et l’échec cuisant de l’ouvrage de toute une existence. Le personnage en devient à la fois effroyable et poignant, suscitant chez le spectateur une compassion aussi inattendue qu’irrépressible, presque contre son gré.
La séquence hospitalière constitue à cet égard un hommage vibrant au cinéma d’épouvante le plus classique : lorsque les chirurgiens s’échinent à sectionner les membres mécaniques de l’antagoniste assoupi, la scène bascule abruptement dans le registre du film de monstre le plus pur — ombres menaçantes projetées sur les cloisons, tronçonneuses vrombissantes, hurlements stridents, cadrages délibérément désaxés composent un tableau d’une efficacité proprement terrifiante.
L’humour burlesque, quant à lui, vient opportunément alléger cette tension dramatique accumulée — que l’on songe à cette scène désopilante où le héros, engoncé dans son costume, se retrouve coincé dans un ascenseur, moment de facétie pure qui rappelle, avec une justesse remarquable, que la légèreté demeure la meilleure alliée du tragique.
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Créée
le 15 août 2026
Critique lue 16 fois
7
le 15 juil. 2015
SuivreSam Raimi semble avoir entendu les compliments qu’on a pu lui faire sur le premier volet de sa trilogie consacrée à l’homme araignée, et va donc exploiter le même filon, équilibre savant entre action...
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