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Spring Breakers est un film particulier à bien des égards. Soit quatre filles enfermées dans un quotidien scolaire morne – parsemé de religion pour l’une d’entre elles – et qui veulent profiter du Spring Break d’avril assez connu en Amérique. Ce film est finalement assez étonnant, car il fonctionne comme une descente en enfers à l’envers. La première partie accumule les péripéties sordides des gamines, poussées par l’ennui, pour aller profiter du Spring Break : elles braquent un magasin pour collecter un peu d’argent, pissent dans la rue, enchaînent les soirées toutes plus vulgaires les unes que les autres. Le rythme de cette première partie est éreintant et éprouvant, et même au-delà ; le style adopté pousse l’esthétique clipesque au maximum, jusqu’à provoquer un écœurement presque physique sur le spectateur devant le montage surcuté qui passe de seins baignant dans la vodka aux foules colorées de jeunes en train de se trémousser autour d’une piscine. A ce stade du film, on pourrait dire que l’esthétique du film ne fait que projeter dans un film des images déjà mille fois ailleurs sur MTV ou dans Projet X. Mais un twist s’opère au milieu du film, puisque les jeunes filles, alors en prison, s’en font sortir par un homme sorti de nulle part, Alien – interprété par le survolté James Franco. Si ce personnage suscite d’abord la méfiance, on s’apercevra qu’il est bien moins mal-intentionné qu’on pourrait le croire et le film adopte un ton plus romantique et mélancolique à partir de là – il faut regarder le film pour en connaître ensuite l’issue tragique… Pour en revenir aux figures féminines du film, à leur descente en enfer joyeuse du début du film répond la gueule de bois, malgré tout salvatrice, de lendemain de soirée. La thèse est claire : le Spring Break a transformé ces jeunes filles adorables en petites trainées. Que ce soit le conditionnement religieux d’où elles partent jusqu’à la débauche organisée pendant le reste, le film raconte le parcours de filles et comment, alors qu’on les pensait vertueuses, en viennent à devenir les êtres les plus sordides qu’on ait vu sur grand écran. La description de leur désir de débauche construit artificiellement et socialement se solde alors par un arrière-goût amer et inutile : tout ça pour ça ?
Créée
le 8 déc. 2022
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