"A la guerre, 90% du temps, on ne fait rien".
Voilà une phrase sensée et tout à fait vraie. Le quotidien du soldat, en plus de la crasse et des parasites, c'est l'ennuis.
Peut-on faire un film réaliste au point de montrer cet aspect de la guerre ?
Oui, assurément.
Ce Stalingrad est un film anti-spectaculaire, même les scènes d'action sont filmées de façon naturaliste. Techniquement, l'image accuse son age, mais les décors sont franchement bons, on sort de l'exagération cinématographique ou le moindre pan de mur doit être noircis, couvert l'impacts de balles et salit au maximum. Ici, Stalingrad ressemble à une ville bombardée, ni plus ni moins.
Et l'angle choisi est bon également: les soldats souffrent, se posent des questions, souvent naïves, ils ont les caractères d'hommes normaux, donc un peu fades par rapport aux standards du cinéma ou tout doit être "bigger than life". Et ils meurent, misérablement, sans ralentis glorieux, ils tombent, c'est tout.
En résulte un film lent, parfois ennuyeux, parfois dérangeant, et en tout cas, pas franchement enthousiasmant. C'est juste la guerre, c'est crade, c'est immoral, c'est des types qui voudraient bien vivre un peu plus longtemps qui tuent d'autres types qui voudraient bien vivre un peu plus longtemps. Et inversement.
A voir pour les amateurs, qui y trouveront leur compte sans soucis, à voir aussi par curiosité. Pour ceux qui cherchent un film à grand spectacle, ce sera clairement saoulant au bout d'une heure.