Après avoir vu et apprécié le fameux "Guerre et Paix" (1967) de Bondartchouk, voilà que je tombe, en faisant mes courses, sur un DVD pas cher (il y avait même dans le boitier un deuxième film pour le même prix ! "Fury" de David Ayer…) sur la bataille de Stalingrad réalisé par le même. Ça aurait été un crime de ne pas le prendre, n'est-ce pas ? Et puis, un écho soviétique sur cette bataille qui fut le début de la fin du nazisme, n'était pas pour me déplaire.

Arrivé à la maison, l'affaire du siècle se traduit par une petite déconvenue. Bondartchouk, oui mais Fiodor et non Sergueï. Le fils et non le père …

Le film, réalisé en 2013, traite un épisode de cette bataille fin 1942 où l'armée allemande a atteint Stalingrad et la Volga sans la traverser. L'armée russe s'est retranchée sur la rive gauche en laissant un petit groupe en première ligne sur la rive droite pour tenter de contenir l'invasion. Le film décrit la résistance de ce groupe de soldats pendant quelques semaines. Toujours est-il que leur sacrifice n'aura pas été vain puisque les nazis ne traverseront jamais la Volga.

J'ignore la véracité historique de l'aventure qu'il faut, à mon avis, prendre au niveau du symbole. Une voix off raconte l'épisode vu côté soviétique. Mais cette voix est celle du fils d'une très jeune femme, Katia, qui partagea l'existence d'un groupe de cinq soldats russes pendant ces quelques semaines. Katia fut la seule survivante et donna naissance à un fils (qui eut donc le "privilège" d'avoir cinq pères tous morts pour la patrie).

D'ailleurs, c'est peut-être cette analyse des caractères russes qui présente le plus grand intérêt du film car les cinq soldats sont cinq individus tous différents et tous amoureux, à leur façon, de Katya. Bondartchouk ne les a pas loupés en leur attribuant de véritables qualités humaines. À la différence, on s'en doute, des soldats nazis, que l'humanité n'étouffe guère et qui vivent dans un fantasme (un déni ?) permanent et racoleur "derrière l'immeuble, il y a la Volga, une fois traversée, la route des Indes nous est ouverte. Là-bas, les prostituées ont six bras".

Il y a même presque de l'ironie dans certains plans où on voit un officier nazi haranguer avec vigueur sa troupe, dominée par une (discrète) effigie de Staline sur un mur …

Bon, n'oublions pas que c'est aussi un film de guerre avec des batailles dans les ruines de la ville où les allemands tentent par tous les moyens de s'emparer de l'immeuble où sont retranchés nos russes. Y compris en les attirant dehors avec des scènes de prise et d'exécution (au lance-flamme) d'otages (féminins).

Certaines scènes sont même impressionnantes lorsque des soldats russes, transformés en torches vivantes, montent à l'assaut des lignes nazies. Mais le traitement numérique de la plupart des scènes tournées en 3D finit par virer à la démonstration. Si la violence des combats reste très réaliste et plutôt bien rendue, on finit par se lasser à voir les avions tomber au ralenti, les balles pénétrer lentement dans les corps, les obus suffisamment lents pour pouvoir les éviter …

Finalement, le film est censé parler de la bataille de Stalingrad mais on en voit peu de choses d'un point de vue global et un peu par le petit bout de la lorgnette. Et dans ce film, on sent surtout le lyrisme slave concernant la Grande Guerre Patriotique où tout un peuple uni derrière son lider maximo a réussi à stopper les hordes nazies. Et ce n'est pas le brave fils de Katya qui le démentira. Et dire qu'on sourit (gentiment et avec gratitude) devant les flonflons hollywoodiens où les généreux soldats américains invincibles ont …


JeanG55
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le 6 avr. 2026

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