Il est facile de regarder Stalker en inculte puisqu'il n'y a aucune pression à le regarder, ni à se dire "je dois lui mettre un 10 parce qu'il ne mérite que ça.".
Pragmatiquement, le passage du noir et blanc teinté de sépia à la couleur surprend. On quitte la misère, la civilisation infinie pour entrer dans la zone, nature aux contours finis.
On assiste à une œuvre sur un ton d'aventure, guidé par une personne plus aguerrie que les compagnons de voyage. Comme l'indique le guide, plus on pénètre dans la Zone, plus on est en sécurité (fait qui ne se confirme pas – chaque pas étant un danger, jusque devant l'anti-chambre).
Plus les protagonistes avancent, plus leurs failles se révèlent, y compris aux interprétations de leurs pairs.
On est à ce moment tenté de se dire : tout ceci est du flan. Tout ce parcours aurait pu être imaginé par un enfant de 5 ans. Pourtant, chacun d'entre eux y trouvera sa révélation, sur lui-même.
Pendant que 3 pèlerins ont déambulé dans une zone protégée autour d'une usine de produits chimiques, ils se sont relevé de leur propre vie ... sauf le Stalker, miné par la maladie.
Sa seule utilité ? Guider les gens dans la Chambre ... mais approcher à chaque fois un peu plus de sa mort.
Sa femme le sait. Sa fille le subit.
Et que penser de ces plans sur l'usine – anticipation de Tchernobyl ... et de sa Zone ?