Assis au volant de sa voiture, Gordie,un homme adulte se souvient de ses jeunes années...en 1959, lui et ses trois meilleurs amis quittent leurs foyers de Castle Rock, dans le Maine, le temps d'une excursion le long d'une voie ferrée. Le but du voyage : retrouver le cadavre d'un garçon disparu.
Une œuvre nostalgique, certes (il faut saluer la très belle photographie de Thomas Del Ruth, qui enveloppe les souvenirs de Gordie comme les extérieurs magnifiques d'un voile flou mais lumineux, ainsi qu'une bande sonore faisant la part belle aux standards de l'époque), mais qui ne représente jamais la jeunesse des quatre héros comme une période bénie et insouciante. Car leurs préoccupations sont réfléchies, souvent graves (ce qui donne parfois lieu à des conversations très (trop ?) matures qui fragilisent la crédibilité du récit). Ce qui les unit et les rapproche, c'est de grandir dans un environnement hostile (la haine et le danger naissent au sein même de la famille), et d'expérimenter chaque jour la solitude et la peur. Gordie, Chris, Teddy et Vern vont vivre ensemble une dernière aventure collective, un dernier voyage vers l'inconnu avant de quitter définitivement le monde de l'enfance.
« Stand by me » est un film touchant dans ses maladresses ; ses charmes se révèlent petit à petit, grâce à un humour qui apporte beaucoup de couleurs (Gordie, romancier en devenir, offre un intermède réjouissant en contant l'histoire inoubliable d'un concours de mangeurs de tartes). Les quatre rôles principaux, très bien distribués (mention spéciale à River Phoenix, dans son premier grand rôle), forment un groupe dynamique et tendre ; chaque individualité existe pourtant, et s'exprime avec beaucoup de force.