Sting
5.5
Sting

Film de Kiah Roache-Turner (2024)

L’araignée alien qui murmurait à l’oreille des ados

Sympathique, ce petit film de bestiole. Il ne perd pas de temps à entrer dans le vif du sujet : en guise de scène d’exposition, une mini-météorite s’écrase dans une maison de poupées. Une petite araignée en sort et s’y promène, offrant un avant-goût de ce qui nous attend, mais en version miniature. C’est plutôt bien vu, et la scène est esthétiquement très jolie.


La suite s’ancre dans une dynamique familiale, un ressort souvent utilisé à tort et à travers dans le genre, mais ici plutôt bien exploité. Elle permet de tracer des parallèles intéressants entre la relation que l’adolescente entretient avec l’araignée, et celle qu’elle a avec son beau-père.


Elle l’admire, et c’est réciproque, mais il porte le lourd fardeau de ne pas être son père biologique. À l’image de l’araignée alien, c’est un outsider qui tente de trouver sa place. De là se tisse une relation triangulaire, faite d’amour et de rejet, de fascination et de malaise.


Le film explore notamment la thématique du mimétisme : le beau-père dessine des comic books avec des araignées, ce qui inspire sa belle-fille à faire de même. Il va même jusqu’à lui emprunter certaines idées. Ce lien artistique devient le noyau dur de leur relation : c’est à travers leurs dessins, leur façon de se copier, qu’ils communiquent le mieux.


En parallèle, l’araignée possède une capacité de mimétisme sonore, et c’est par ce biais que l’ado parvient à interagir avec elle.


Encore une fois, le film tisse un écho entre les deux relations. Et il le fera encore à d’autres occasions, de manière plus ou moins subtile, mais ça fonctionne.


Peu à peu, la dynamique familiale se dégrade. L’ado rejette de plus en plus son beau-père, au profit de sa connexion avec l’araignée, qu’elle nourrit et protège. Celle-ci grandit de façon exponentielle, jusqu’à devenir une sorte de monstre symbolique, reflet inconscient du rejet du beau-père hors du cocon familial.


Tout ça est bien joli mais on est aussi dans une série B, avec ses codes, ses personnages secondaires un peu caricaturaux, et un ton parfois hésitant mais le fun et le gore compensent les faiblesses. Bref, ça a marché sur moi. J’ai trouvé le film à la fois pertinent dans son propos, et très divertissant.


Un petit film sympatoche, donc, à ranger quelque part entre Arachnophobia et Vermines.

Roberto_Salvador
7

Créée

le 15 avr. 2025

Critique lue 19 fois

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