Film bien étrange, et très irrégulier.
- Une situation très simple : une équipe piégée sur Mars après un crash de navette. Les relations entre membres de l'équipe constituent alors le coeur du récit, en confrontant les approches pessimistes et optimistes quant aux chances de survie. Les personnages sont très peu développés, on ne sait quasiment rien d'eux, mais ça passe. On retrouve des archétypes connus : capitaine, matheux, croyant, relativiste, ...
- Ca débute laborieusement : un générique extrêmement saccadé assez pénible, puis des scènes qui s'enchaînent sans audace particulière.
- C'est d'autant plus laborieux que si on peut facilement être indulgent pour la qualité des effets spéciaux et un décor quasi unique (justifié pour l'aspect claustro) faute de budget, il est en revanche bien plus difficile de louer la mise en scène. Pas d'inserts, pas de plongée/contre-plongée (sauf une fois) , pas de changements d'ambiance lumineuse (sauf un filtre vert), pas de travelling, pas de jeu de point ou de silhouettes , seulement quelques zooms : c'est particulièrement fade. Si comparaison n'est pas raison, il faut admettre que The Martian, sans parler budget, a bien plus à offrir pendant les séquences au camp (journal de bord et caméras du camp sont habilement exploités pour apporter de la variété dans les plans et la narration : on ne s'ennuie pas mais on ressent tout de même la détresse grâce au jeu d'acteur, et j'y viens).
- Si Vincent Gallo et Joaquim de Almeida jouent à peu près correctement, les autres acteurs ont beaucoup de mal à être convaincants, et c'est un des gros points noirs du film.
- Certains aspects techniques sont très étranges. En particulier le fait que l'équipe puisse communiquer en direct avec la terre, c'est à dire avec une personne seule qui n'a pas grand chose à leur dire. Appolo 13, Mission to Mars et The Martian nous ont habitué au fait que l'équipe sur Terre, nombreuse, se casse la tête à trouver des solutions pour aider les malheureux spationautes, au moins psychologiquement, à traverser la crise. Il me semble qu'il eût été plus simple et logique de simplement se passer de com (système détruit) mais j'ai peut-être loupé quelque chose (?).
- 👍 Petit à petit le récit prend de la profondeur (mais pas forcément d'ampleur) : des dilemmes, des actes, un peu de musique, un peu d'émotion dans ce monde glacial. Et on va enfin sortir de la boîte de conserve. Montage approximatif toutefois.
- On pourra profiter de quelques passages dans lesquels un spleen existentiel se fraye un chemin en jouant des coudes (aspect très fragile quand le jeu d'acteur sonne faux). C'est à saluer mais fugace.
- Il faut donc prendre son mal en patience, car il y aura finalement quelques surprises pour gratifier (ou pas) le spectateur bravant l'ennui,
- mais le dernier acte, très particulier, en rebutera plus d'un .
C'est à peu près tout : un petit film, peu divertissant mais gentillet, avec sa petite ambiance et de petits moments sympa. Un genre de chronique martienne à la petite semaine.