La promesse de Submersion est simple, atteindre le toit d'un immeuble ou mourir. Ici la géographie est imposée, coursives, cages d'escaliers, couloirs… Tout comme dans L'aventure du Poséidon, le périple linéaire est jalonné de choix moraux qui le transforme en voyage initiatique.
Voyage qui prend des tournures nietzschéennes dans la seconde partie lorsque nos personnages se retrouvent au début de leur aventure avec le sentiment d'avoir raté quelque chose. Sur le chemin de l'Eternel Retour, Byung-Woo a astucieusement semé les épreuves qui vont donner son sens au récit. Malheureusement des dialogues plats et démonstratifs ruinent cette seconde partie en révélant systématiquement ce que le spectateur était sur le point de comprendre par lui même.
On peut comprendre l'embarras des auteurs et les lourdeurs qu'ils nous imposent. Le film s'adresse à deux publics qui cohabitent rarement, les adeptes de genre Catastrophe dont le réalisme excite les phobies, ceux du genre SF dont le réalisme est un simulacre qu'il faut démystifier. Probablement que la peur de perdre la moitié de son public en cours de route a imposé une (re)écriture "adaptée" et presque infantilisante. Possible aussi que Netflix prenne ses abonnés pour des abrutis.
Au final Submersion ressemble à un quizz dont l'organisateur donnerait les réponses dès la première mesure. Plutôt frustrant, surtout lorsqu'on connait les réponses. Essayez peut-être ce film en VO non sous titrée, cela pourrait produire ce vernis cryptique et nébuleux qu'on attend d'un bon film de SF. Un Genre que Byung-Woo n'assume à aucun moment.