Quand Mosfilm s'accapare la nouvelle mode du film catastrophe

Il n'y a pas que Gloukhovski que les transports en commun moscovites ont inspiré. Enlevez le 2033 et le mot Metro a encore sa touche surnaturelle, comme si les tunnels renfermaient depuis toujours la mystérieuse némésis d'une vie urbaine de plus en plus frénétique et américanisée.


Subwave est un film qui vient précisément de ce Moscou-là, parti en quête de mystères qui ont plus de poids que dans n'importe quelle autre mégapole du monde, car c'est une ville mutique, immense, méconnue, au cœur d'un territoire qui se sait grand. Si le centre-ville s'effondre, c'est littéralement le centre d'un monde qui est englouti – et Moscou hérite naturellement de son rôle d'épicentre dystopique. Mais faut pas exagérer non plus.


L'œuvre est valable pour qui recherche la variation dans le genre catastrophe ; personne ne peut décalquer Hollywood comme les Russes, et il y a un charme spontanément désuet à cette manière de se foutre complètement de l'art. Il ne faudra pas y chercher grand chose d'autre.


C'est une machine à tension constante et ridicule dont la seule difficulté d'écriture a consisté à maintenir l'état de détresse des personnages d'un retournement à l'autre. À cette fin, ils sont joliment formatés (même la plus jeune actrice, à 14 ans) et n'ont pour tâche que de rester impassibles devant les injections de stress à des endroits où il n'y avait décidément pas la place.


La musique totalement à contrecourant n'aidera pas Subwave à se relever de son statut de vulgaire vitrine d'effets spéciaux. Ce goût de l'artificiel n'aura même pas servi à simplifier la construction d'une quelconque cohérence, enfreinte à chaque fois que la monovisagite des protagonistes ne suffisait pas à étirer suffisamment le temps afin d'ajouter (encore) un peu de suspense.


Bref, l'œuvre arrive, en moins d'une heure, à user tout réflexe émotionnel chez le spectateur, tellement gavé de plot twists improbables et bas de gamme que même le popcorn ne passe pas. Et moi, je vais relire Metro 2033.


Quantième Art

EowynCwper
2
Écrit par

Créée

le 15 juin 2020

Critique lue 408 fois

Subwave

Subwave

9

Max-D

le 6 oct. 2018

Suivre

Un "daylight" russe.

Rien à envier aux super-productions américaines (le plus souvent avec un héro qui sauve tout le monde de la catastrophe). Le film ne cherche pas à épater par les effets spéciaux. La catastrophe se...

Subwave

Subwave

4

Sid_Nitrik

le 3 janv. 2014

Suivre

Ne m'a pas empêché de prendre le métro le lendemain.

Film catastrophe russe qui ressemble finalement à des milliers d'autres films du même style avec son lot de scènes de panique et de moments de bravoure bien convenus. Les étoiles vont ici aux effets...

Subwave

Subwave

6

critiks_moviz

le 9 janv. 2019

Suivre

Critique de Subwave par Critiks Moviz

« Metro » est un film catastrophe sympathique, disposant d’une histoire originale, d’une intrigue classique et d’un développement familier. Le rythme est un peu trop lent, le récit est fluide, mais...

La Forêt sombre

La Forêt sombre

3

EowynCwper

le 16 juil. 2018

Suivre

Critique de La Forêt sombre par Eowyn Cwper

(Pour un maximum d'éléments de contexte, voyez ma critique du premier tome.) Liu Cixin signe une ouverture qui a du mal à renouer avec son style, ce qui est le premier signe avant-coureur d'une...

Ne coupez pas !

Ne coupez pas !

10

EowynCwper

le 26 oct. 2018

Suivre

Du pur génie, un cours de cinéma drôle et magnifique

Quand on m’a contacté pour me proposer de voir le film en avant-première, je suis parti avec de gros préjugés : je ne suis pas un grand fan du cinéma japonais, et encore moins de films d’horreur. En...

Cargo 200

Cargo 200

7

EowynCwper

le 17 oct. 2020

Suivre

Se mettre la Russie ado

Le Cargo 200, c'est le cercueil rapatrié d'un militaire soviétique tombé en Afghanistan. Balabanov montre le conflit comme un drame ignoré de tous, mais ce n'est finalement ni plus ni moins que la...