Cherchez des éléments sur ce film dans vos moteurs de recherche, et vous reviendrez bien bredouille. Si on excepte une vieille copie toute moisie en VO qui traîne sur You Tube, impossible ou presque de trouver quoi que ce soit sur ce film. À raison ? C’est difficile à dire. Les premières raisons qui nous conduisent sur la trace de ce film philippin est son casting : Robert Conrad (en pleine période des Têtes brulées) toujours charismatique en diable, Don Stroud en méchant de service, Felton Perry qui a remplacé Jim Kelly d’abord prévu pour le rôle, Larry Manetti (certainement recommandé par Robert Conrad) ou encore Thayer David et son incroyable bobine de pervers. Autrement dit un casting qui tient vraiment la route même s’il évoque, bien entendu, davantage celui qu’on peut trouver sur les plateaux de télévision que sur ceux de cinéma. Et derrière la caméra, l’impayable Eddie Romero, réalisateur d’innombrables séries B et de quelques films de blaxploitation, dont le fameux Black Mama, white Mama. Parmi les premières sorties de l’éditeur « Le Chat qui fume », le film se vend aujourd’hui à prix d’or sur les sites dédiés pour les collectionneurs car il est évident que le résultat ne vaut pas tripette.
Sudden death est un pur film d’exploitation au scénario totalement basique et à la réalisation inodore qui ne mise que sur la violence de certaines de ses scènes. Une violence qui se réduit à la brutalité de ses exécutions au révolver ou au fusil mitrailleur et ses poches de sang qui éclatent. Le film lorgne aussi sur le contexte kung-fu de l’époque mais Felton Perry n’est pas Jim Kelly (qui, lui-même, n’était pas Bruce Lee) et Robert Conrad a montré, notamment dans Les Mystères de l’Ouest qu’il n’avait pas besoin de coup de pied retourné pour être crédible. C’est, d’ailleurs, cela qui sauve certaines scènes de combats à mains nues. On pourra, par ailleurs, regretter que le personnage de Don Stroud soit si peu développé et n’occupe le devant de la scène que dans les dernières minutes du film. Sa présence aurait offert plus tôt davantage de tension à un film qui se découpe de façon trop caricaturale en deux parties distinctes : mise en place de l’intrigue puis règlements de comptes qui envoient du lourd.
Mais le ton de l’ensemble est curieux. On oscille souvent entre le ton léger des deux baroudeurs qui vont remettre de l’ordre dans la place en châtiant les méchants magouilleurs, et des séquences d’une extrême noirceur. En cela, l’introduction et la conclusion du film sont d’une rare violence : si on ne spoilera pas la fin, la première scène montre l’exécution d’une famille au bord de sa piscine, têtes blondes comprises. Le film, très clairement, joue la carte du mauvais goût pour appâter le chaland tout en s’appuyant sur le crédit plus familial de Robert Conrad. Le résultat est logiquement bancal, très opportuniste, et ne se distingue seulement du tout-venant du cinéma philippin que par son casting. Pour le reste, on tutoie le navet même si l’option action activée dans la dernière demi-heure fait globalement le job.