Fin 19eme siècle, une orpheline est sur les traces de ses parents chapeliers, décédés 20 ans avant, et d'un mystérieux frère disparu.

On suit assez bien le malaise de cette élégante jeune femme entre un univers de grands de ce monde et celui de "petites mains" chapelières, un monde en mystérieux équilibre entre fastes et misère sociale, entre la puissance d'hier et un chaos en cours.

Le personnage principal de la jeune femme orpheline semble être l'incarnation d'une Autriche-Hongrie sur le déclin. Une élite décadente et révolue, un pays opaque, un peuple divisé où gronde la violence de la chute des uns comme la vague montante des autres : puissance menaçante des hommes sur les femmes, des grands sur le peuple, dans lequel monte la vague d'une révolution populaire.

Le scénario, s'il paraît léger, se veut sans doute ainsi angoissant au fur et à mesure qu'il ne se passe presque rien si ce n'est dans les coulisses, obscures, muettes à tous les niveaux. On est plongé dans l'atmosphère glauque, étouffante et statique d'un monde grouillant, en mutation vers des lendemains incertains, comme dans un cauchemar qui nous tiendrait sidérés et impuissants à faire bouger un film qui n'avance pas.

C'est sans doute habile, mais c'est plutôt un procédé littéraire qui, au cinéma, provoque facilement l'ennui. Heureusement, l'ensemble est élégant tant par les costumes que par le talent indéniable du cinéaste qui, de plans en plans sur les silhouettes féminines, en séquences sur l'architecture de Budapest (?) mène une danse très esthétique. Néanmoins, le montage laisse parfois supposer des coupures mal jointives pour raccourcir un film déjà long, finissant en queue de poisson dans les eaux glauques des tranchées.

Globalement ce film mystère en fait un peu trop dans le genre sans suffisamment rien dévoiler, ce qui peut finir par démotiver l'attention du spectateur. Plus court et plus généreux en informations aurait été une bonne recette pour mieux rythmer, donner du relief au fil narratif, et "rattraper la sauce".


Barbiraggio
5
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le 30 déc. 2025

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