Super Fly
5.8
Super Fly

Film de Gordon Parks Jr. (1973)

Voilà un titre qui est certainement davantage connu pour sa B.O. signée Curtis Mayfield que pour son long métrage. On se demande même si Gordon Parks Jr. n’a pas imaginé de nombreuses séquences en se basant simplement sur le score à sa disposition. Et, du coup, on se demande si la musique n’a pas fini par desservir son film au lieu de le transcender. Car autant certains titres sont excellents, autant ils envahissent trop la pellicule par moments. Comment en effet ne pas juger autrement Pusher man présenté à deux reprises dans son intégralité ? La première fois pour accompagner l’arrivée du personnage principal dans un restaurant où joue (justement) Curtis Mayfield et, la seconde, pour habiller une séquence faite de photos astucieusement disposés en split screen, s’étendant à nouveau sur une durée de cinq minutes sans que ce qu’on voit à l’écran ne fasse avancer le récit. Trop long, trop lourd, trop maladroit pour valider cette omniprésence d’une musique, certes au top, mais qui vampirise le résultat.


Au lieu de cela, on aurait préféré que le réalisateur réussisse à imposer un rythme à un récit qui en manque cruellement. La blaxploitation, c’est de la série B qui dépote, dont on attend a minima de l’action. Or ce Superfly en est entièrement dépourvu. Gordon Parks Jr. préfère se focaliser sur les incessantes prises de drogue de ses personnages que sur la violence de certaines situations. Le propos dans son ensemble manque, de fait, de cohérence. Alors que la B.O. de Curtis Mayfield tire à boulets rouges sur la situation sociale du pays, les ghettos et la drogue, le film paraît être à contre-courant. Certes son personnage souhaite quitter le ghetto et le monde de la drogue mais il passe son temps à sniffer de la coke et ne parvient jamais à incarner cet Afro-américain qui réussit à tourner le dos à ses méthodes de voyou. En ce sens, même s’il réussit à se défaire des vilains blancs qui sont du côté de la loi, son parcours n’est pas aussi marquant que nombreux de ses contemporains du genre.


C’est plutôt dommage pour Ron O’Neal qui en impose, mais le résultat est franchement ronronnant et on s’y ennuie poliment à de nombreuses reprises. Les longues séquences musicales où on voit le personnage aller d’un point A à un point B sans que cela n’apporte rien au récit mettent en évidence le manque criant d’imagination d’un scénariste qui ne parvient pas à cristalliser des oppositions. Le film aurait pu être pétaradant, prendre une tournure dramatique voire tragique, mais il n’en est rien et on finit par se lasser de ce spectacle franchement planplan.



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le 6 août 2025

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PIAS

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