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324 critiques
Manne Hostile
Dégageant à peine assez de ronds pour couvrir le budget faramineux du film à sa sortie en 2006, ce Superman Returns est rapidement tombé dans l’oubli, malgré un certain nombre de qualités (ne soyons...
le 10 déc. 2015
20 ans, c'est le nombre d'années qu'il aura fallut aux fans de Superman pour voir revenir leur héros sur grand écran. Cinquième film pour les aventures de l'homme d'acier qui, après avoir passé cinq années dans l'espace à fouiller les ruines de Krypton, retourne sur Terre, découvre que beaucoup de choses ont changées. Entre hommage et révolution graphique, Bryan Singer, réalisateur d’X men, a la lourde de tâche de reprendre les rennes laissées par Richard Donner.
Nostalgie du temps passé dans le monde des super héros
Avec l’arrivée de Batman Begins, puis de la mode des super héros sombre et bad ass, Superman returns aura débarqué bien trop tard au cinéma. D’où sans aucun doute le succès mitigé rencontré lors de sa sortie et sa suite malheureusement avortée. « Pourquoi le monde n’a pas besoin de Superman » ferait presque écho au monde réel. Et si le monde avait tord ? Et si nous avions besoin d’un héros créant cette lumière d’espoir dans ce monde de plus en plus rongé par les ténèbres ?
Sorti en pleine époque où était diffusée la série Smallville, série que j’idolâtrais, m’identifiant beaucoup à ce héros solitaire, Superman Returns aura été vu, revu, et re-revu. L’œuvre de Bryan Singer m’aura touché, séduit, envouté, hypnotisé par sa beauté inégalable. Enfin un film Superman rendant visuellement justice à l’univers de ce personnage héroïque porteur d’espoir. Les années ont passées. En prenant de l’âge, en apprenant à devenir objectif, bien qu’il reste fort émotionnellement et visuellement, ce film aura été surestimé.
Mettons de coté l’esthétisme et ces quelques répliques pleines d’espoir, intéressons nous au reste. C’est là que Superman Returns pose problème. Qu’a-t-il à nous proposer en termes de nouveautés ? Rappelons-nous d’abord que Bryan Singer, intelligent, a complètement fait abstraction des Superman 3 et 4 (ouf). Superman Returns se déroule donc 5 années après les évènements de Superman 2. Premier soucis : une incohérence par rapport à cet épisode : Lex était déjà venu dans la forteresse de solitude, avait déjà été face à face avec l’hologramme de Jor-el. Dans Superman Returns, on dirait que c’est la première fois.
Hormis de nombreuses séquences spectaculaires, des références ou easter eggs sympathiques de l’univers de l’homme d’acier faisant clin d’œil par exemple à des couvertures connues du comics comme celle voyant le super héros porter à bout de bras une voiture, scénaristiquement parlant, Superman Returns tombe lamentablement à plat. Copiant bêtement certaines séquences piochées dans Superman 1 et 2 en les remettant au gout du jour, cette pseudo suite a beau être sublime, elle est feignante. Et ce n’est pas en nous parlant de cette histoire de cristal volé pour créer un nouveau « mini » continent que ça changera quelque chose. Si ce n’était que ça.
Ils sont capables de grandeur, Kal-El, ils en ont la volonté. Il ne
leur manque que la lumière pour leur montrer la voie. Pour cette
raison d'abord, et pour leur aptitude au bien, c'est toi que je leur
ai envoyé… toi, mon fils unique.
Superman Returns où des performances en demi-teinte
Quand on voit l’interprétation de Kate Bosworth en tant que Lois Lane, il y a de quoi s’arracher les cheveux. Margot Kidder et Teri Hatcher n’ont pas à craindre quoique ce soit, la Lois Lane de Superman Returns est fade, effacée du film. Le comble revient à cette idée de lui avoir donnée un enfant et l’avoir mise en couple. Ca aura pour conséquences de rendre notre Superman torturé psychologiquement. Petit triangle amoureux histoire de coller à l’ambiance de la série Smallville ? Peut être. En tout cas, ça agace plus que ca n’émeut. Mieux vaut ne pas parler de l’interprétation des nouveaux Perry White et Jimmy Olsen. C’est trop triste.
Kevin Spacey en Lex Luthor ? Pourquoi pas. L’acteur a déjà fait ses preuves, il est capable de faire aussi bien que Gene Hackman et John Shea. Problème, à force de vouloir copier quelques mimiques d’Hackman et transformer son Lex en guignol, le coté machiavélique passe mal, bien que sa scène de face à face avec l’homme d’acier soit mémorable, montrant toute la haine que voue Lex à son némésis. Comble du super vilain : lui coller une assistante copiant bêtement sur la performance de Valerie Perrine (Mademoiselle Teschmacher dans Superman1) et Pamela Stephenson (Lorelei dans Superman 3).
Brandon Routh a la tâche difficile de passer après 2 grands acteurs : Christopher Reeve et Dean Cain. Est-il à leur hauteur ? A l’aise en Clark Kent, Brandon cabotine un peu en tant que Superman. Peu bavard en public, mini sourire en coin (il est où le sourire colgate ?!), on ne sait pas si c’est le costume, son rouge trop foncé, son bleu trop flashy, son S beaucoup trop petit, ou sa longue cape pseudo simili-cuir, qui font que le super héros perd de sa splendeur et de son charisme. Ce Superman n’a pas la prestance du Superman de Christopher Reeve voir Dean Cain. Le coté divin/Christique du personnage ne pourra rien y faire. Ca c’est triste, surtout quand on voit l’entrainement intensif qu’aurait fait Brandon Routh afin de se préparer pour le rôle.
Pour ce qui est par contre de sa gestuelle, sa grâce lorsqu’il vole, là, rien à dire, c’est magnifique. On aurait presque la sensation qu’il lévite pour de vrai (la séquence où il médite dans l’espace, juste au dessus de la Terre est d’une beauté sans nom). Totalement immersif notre Superman Returns. Sensation de vitesse lorsqu’il dépasse le mur du son, vent faisant gigoter sa longue cape, illustration de tous ses pouvoirs (souffle givrant, vision thermique, super force, super ouïe, vision au rayon x, régénération grâce au soleil, invincibilité lui permettant de faire s’écraser les balles sur son torse ou carrément…son œil), qu’il est loin le temps des vieux Superman. Un excellent point de ce coté, surtout pour les doux rêveurs et inconditionnels de l’homme d’acier.
Tu seras différent, parfois même tu te sentiras exclu, mais jamais tu
ne seras seul....Tu puiseras ma force et la feras tiennes, tu verras
ma vie dans tes yeux comme je verrais la tienne dans les miens.
La suite qui faisait trop « hommage »
Peu de temps morts, des passages cultes (Clark se changeant dans l’ascenseur du Daily Planet, la scène du cambriolage), des scènes de sauvetages nombreuses et spectaculaires dignes de grands films catastrophes (la scène de l'avion en tête), de l’humour, du suspense, de l’amour, de la bravoure, Superman returns peut là aussi se vanter d’une autre chose intéressante et réussie : son rythme. Ambiance assez poétique, notre cinquième épisode a beau clairement se poser comme un hommage à l’univers créé par Richard Donner que suite fascinante, on ne peut s’empêcher de voir que Bryan Singer a mit tout son cœur pour gâter les aficionados bien que frustrés d’avoir une intrigue peu consistante, bien que les idées soient là. De plus, la petite touche de nostalgie montrant que les choses ont bien changées depuis le dernier Superman de Christopher Reeve fait son petit effet. L’effet kitsch sera donc voulut.
Le problème c’est que faire un hommage, prouver tout son amour pour l’homme d’acier, c’est bien, mais donner aux spectateurs une suite avec une histoire intéressante et moins simpliste que celle de Returns, ça aurait été mieux. Résultat, nous sommes face à une suite mixée avec de la redite. Ca sonne trop le déjà vu. Puis avec toute cette nouvelle technologie complètement réussie, on aurait aimé être consolé en voyant au moins Superman castagner un peu. Dommage.
Pourtant, Superman Returns arrive à fonctionner. Ce film est comme un doux rêve devenu réalité, montrant que le regretté Christopher Reeve a beau être parti, son âme perdure, continuant, à travers les traits d’un autre acteur, de nous faire croire qu’un homme peut voler. Pour cette raison, Superman returns, bien qu’accumulant les lacunes, mérite le plus profond respect.
Vous croyez que le monde peut se passer d'un sauveur mais, chaque
jour, l'homme supplie qu'on lui en envoie un...
Au final, j'ai beau lui trouver plein de défauts, il m’est impossible et inconcevable de dire que Superman Returns est mauvais et ce, même si clairement, son intrigue n’apporte rien de nouveau. Travail faramineux sur les costumes, les décors, les accessoires, le tout orchestré par Bryan Singer et toute son équipe retranscrivant à l’écran l’univers mi-moderne, mi-fifties du super héros, notre film, esthétiquement parlant, est d’une richesse à pleurer de joie. Digne hommage au Superman de Christopher Reeve, un assez bon jeu des acteurs et actrices, d’émouvantes et poignantes musiques accompagnant brillamment scènes posées et scènes énergiques (les sonorités sont proches du travail de John Williams), une ambiance maitrisée, certaines répliques somptueuses, un film pour nostalgiques.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à sa liste Du meilleur au pire des films live de Superman
Créée
le 28 févr. 2018
Critique lue 425 fois
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