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Manne Hostile
Dégageant à peine assez de ronds pour couvrir le budget faramineux du film à sa sortie en 2006, ce Superman Returns est rapidement tombé dans l’oubli, malgré un certain nombre de qualités (ne soyons...
le 10 déc. 2015
En 1978, Richard Donner, ténor des films d'actions, se lance dans l'adaptation cinématographique du plus grand, du plus fort, du plus exceptionnel des héros de DC Comics, j'ai nommé Superman.
Souvent boudé comme le sont ses trois suites (de Lester et lui-même, puis de Lester seul et enfin de Sydney J. Furie), ce film est un agréable mélange de sérieux et d'humour, de policier, de science fiction et de comédie qui a le recul et l'auto-dérision attendus pour traiter d'un héros si parfait.
Mais en 2006, c'est le drame!!!!
Bryan Singer, l'excellent réalisateur d'Usual suspects qui vient de triompher à deux reprises avec ses adaptations d'autres super-héros, les X-men, décide de donner sa propre suite à la légendaire saga de Donner-Lester.
Il lui faut pour cela trouver un prétexte de retour du super-héros qui justifie le film et son titre.
Ce projet semble déjà voué à l'échec, conservant l'époque de Superman - rendant l'argument de retour insensé - , conservant les personnages qu'il a connu mais interprétés par des acteurs et actrices très différents - Langella étant un meilleur Zorro bien hispanique qu'un Perry White bien américain, Bosworth surpassant en beauté mais non en personnalité la Loïs Lane de Margot Kidder et Routh piétinant à suivre les traces du grand Christopher Reeves).
Reste le retour en images de synthèses de Marlon Brando qui effectue à son insu un caméo assez inutile à la diégèse que souhaite offrir Singer.
Le réalisateur obtiendra du moins le concours et le soutien de deux de ses vedettes fétiches, Kevin Spacey (Usual suspects) et James Marsden (Cyclope chez les X-men) qui relèvent assez bien le niveau, jouant respectivement le nouveau Lex Luthor, qui entre en grandes pompes dans une scène d'une cruauté machiavélique à souhait, et le concurrent en amour de Superman, méchant malgré lui.
Le plus gros problème de Bryan Singer réside dans son empressement puéril à faire SA suite à la saga Superman sans trop s'enquérir des données diégétiques déjà présentes.
Certes, l'ambiance du film de 1974 est là mais en accentuant trop sur le grotesque, devenant lourd car mal dosé.
Le plus grave apparaît dès les premières minutes du film quand Superman revient dans le même engin qu'à sa première venue, étant à présent adulte et n'ayant pas besoin d'un tel engin. Ce mode d'arrivée sur terre évoque dès lors plus Terminator que Superman. Il est recueilli par Madame Kent, sa mère adoptive qui est...morte deux volets plus tôt. Une résurrection, si c'en est une, des plus étranges et des plus inexpliquées. Du moins aussi inexpliquée que l'ellipse sur l'absence d'un grand nombre d'années de Superman qui aurait pu avoir sa part d'implication dans le complot de Luthor.
Un complot ridicule et exagéré puisque Luthor vole un des cristaux de la cachette de Superman pour créer un nouveau continent en en détruisant d'autres. Un continent de glace, donc inhospitalier où il serait le roi...des pingouins, car on ne voit pas qui outre ces animaux voudrait y vivre...
Aussi ridicule et exagéré que l'idée d'un bébé de Superman, absent trop longtemps pour avoir un fils de cet âge.
Les seules bonnes idées du film est la mort christique aussi violente qu'humiliante de Superman, roué de coups, transpercé d'un coup de kryptonite au flanc par son ennemi juré. Mais elle est aussitôt gâchée par son arrivée sur un brancard à l'hôpital - qui rend trivial ce qui eût été sublime - et le passage de flambeau de Superman à son fils qui propose une bonne fin à la saga mais de façon trop hermétique. Cela, en exceptant la comparaison de l'adieu apocalyptique de Jor-El au début du premier opus de Donner avec celui simpliste et mélodramatique de Kal-El à son fils.
Bryan Singer est un très bon réalisateur mais n'a fait qu'un remake exagéré du film de Donner dont il souhaite faire l'une des suites. Mieux aurait valu faire la première pierre d'une nouvelle saga de l'homme d'acier comme l'a fait Snyder mais avec cette tonalité plus familière au spectatorat de Superman.
***
Retrouvant Routh dans la série Flash, je l'ai aussi redécouvert.
Il apparaît effectivement comme le meilleur Superman pour succéder à Reeves.
Dommage qu'il n'ait pu le faire que dans ce misérable nouveau volet.
J'appelle à une chance pour qu'il puisse se refaire!
Et je rajoute une étoile, pour ce faire.
***
Pour la cruauté sans nom mais extrêmement jouissive de la scène christique où Luthor poignarde Superman avec le pic de kryptonite du Destin, une très grande scène perdue dans un retcon non assumé et grotesque, je rajoute de nouveau une étoile (3/10)
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les films où l'on entend "Le Duo des Fleurs" du Lakmé de Léo Delibes et Les meilleurs films Superman
Créée
le 22 août 2014
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