- Tu connais Delivrance ?
- Ouais.
- Tu connais Massacre à la tronçonneuse et La Colline a des yeux ?
- Ouais, ouais.
- Tu as entendu parler des slashers ?
- Oui, bien sûr.
- Eh bien, on n’a qu’à faire un film qui mélange tout ça et on va faire un malheur.
L’histoire de Survivance est certainement née un peu comme ça. Et, forcément, une idée comme celle-là n’est pas bonne. Ce n’est pas en compilant des références qu’on fait un film original et palpitant. D’autant que s’il existe bien un slasher pas palpitant, c’est bien celui-là. Si le film a la bonne idée de s’ouvrir par une scène qui semble nous mettre tout de suite dans le bain, il faudra presque attendre une heure pour y retourner. Dépourvu de rythme, la suite s’enlise dans la peinture de nos jeunes adultes qui s’enfoncent dans la forêt. On nous présente, par ailleurs, d’autres personnages qui nous confirment bien que la petite sortie va très mal se terminer. Mais que c’est long à démarrer et que c’est bien décevant quand cela démarre enfin. Car, il faut l’avouer, on en a tellement bouffé de notre petit groupe d’amis bien dans leur époque qu’on n’a qu’une envie, c’est qu’on nous les zigouille et avec la manière.
Et le résultat est on ne peut plus décevant. Entre les mises à mort hors champs et le peu d’ingéniosité de celles-ci, on est effectivement bien déçu. Très clairement, ce slasher ne va pas au bout de ses intentions, et la vision des tarés au fond de la forêt, on nous l’a déjà faite en plus flippante et en plus maligne. Et puis, franchement, des nazes qui se font dézinguer l’un après l’autre, on en a vus, mais ceux-là battent des records. Et voilà que je m’aventure tout seul dans la forêt, et voici que je rentre dans une église abandonnée entourée de tombes, et tiens si je me mettais un peu à poils pour voir si ça fait réagir les méchants. Pendant ce temps-là, l’ami George Kennedy, qui tient le rôle d’un ranger, fait des rondes nocturnes dans la forêt escarpée, les fesses vissées sur son cheval blanc…
Bref, c’est mou, c’est moche, c’est du grand n’importe quoi, et le résultat est franchement très décevant. Incapable de se servir utilement de ses modèles, Jeff Lieberman confirme qu’il n’est pas un grand réalisateur, et son film est aujourd’hui sorti des écrans radars. Voilà typiquement le genre de titres aujourd’hui vieillots qui, heureusement, conservent deux ou trois scènes suffisamment ridicules pour conserver un certain capital sympathie auprès de quelques aficionados du genre.