Tourné dans l’enfilade ou presque du premier opus et de la série, le réalisateur aux affaires (qui a travaillé sur la série) reprend les bonnes recettes. Ancré dans les codes du polar urbain anglais et américain, le film scrute le contexte social en multipliant les portraits des uns et des autres de ses personnages. Par ailleurs, le sujet semble toujours être un prétexte à montrer la vie quotidienne de ses policiers, s’attardant sur certains épisodes de leur vie sentimentale, leurs rapports pas toujours simples avec leur hiérarchie et certaines péripéties pas en lien avec le récit principal. Très clairement, cette bande de flics appartient au monde prolétaire et n’a rien à voir avec le policier justicier qu’on trouve également dans d’autres fictions de l’époque. On humanise, on mise sur le réalisme et on tourne le dos au spectaculaire. Un parti-pris qui n’empêche pas plusieurs scènes d’action chocs, particulièrement nerveuses et bien fichues. Cette sècheresse aperçue dans le premier opus est toujours aussi efficace dans la mesure où elle surgit subitement et n'envahit jamais la pellicule.
Le récit, comme lors du premier opus, manque un peu de souffle. Bâti pour une série de 50 minutes, il est renforcé par des séquences annexes. Cependant, l’idée est intéressante et bien menée. Elle donne même l’occasion à notre duo de flics de s’éloigner de Londres pour faire un petit crochet par Chypre. L’éloignement de la grissaille londonienne pour une escapade, certes courte mais utile au récit, donne davantage de crédit à l’ensemble. Le message est clair : on a un budget plus conséquent que pour un épisode de série. Une nouvelle fois, la qualité de l’interprétation est au rendez-vous et les scènes intimistes sont d’une remarquable justesse.
Le résultat n’est pas palpitant comme un bon thriller abouti mais ce qu’on retient est l’ambiance générale. Dans une période où le polar anglais était plutôt discret, ce double programme est une véritable curiosité. Elle a pour elle la sècheresse de sa réalisation et sa capacité à savoir s’immerger dans les rues de Londres avec un réalisme de premier plan. Pas du grand cinéma, certes, mais un projet qui fait vraiment sens. Dommage que les productions n’aient pas souhaité aller plus loin. Ce deuxième opus est, en effet, plus abouti que le premier et d’autres titres n’auraient pas été de refus.