Après Dans la Peau de John Malkovich, Adaptation et Eternal Sunshine, je poursuis mon exploration de l'imaginaire tourmenté de Charlie Kaufman qui continue de m'emmener dans les recoins les plus obscurs de l'esprit humain.
Synecdoche, New York est son premier film en tant que directeur, mais cela n'a eu à mes yeux que peu d'incidence. Même entre les mains d'auteurs aussi singuliers de Michel Gondry ou Spike Jonze, c'est surtout l'écriture de Kaufman qui compte : sa maîtrise du surréalisme et sa capacité à convoquer un certain onirisme en touchant à une palette d'émotions dans laquelle chacun peut se retrouver.
Synecdoche est de loin son film le plus complexe, et celui que j'ai eu le plus de mal à digérer, en m'efforçant de le dérouler, de le comprendre et de l'interpréter pour y trouver du sens, des métaphores... quelque chose pour expliquer le décrochage des dernières minutes qui apportent encore une couche de confusion à une trame déjà touffue et désordonnée. ‘Adaptation’ n'était déjà pas évident, mais là, on est à un tout autre niveau.
Puis, en partie grâce aux interviews de son auteur, j'ai fini par accepter que le film ne révèlerait pas tous ses secrets, en particulier après un seul visionnage. Une partie de sa trame et de ses éléments inexplicables sont des envolées poétiques et intuitives qui visent à évoquer un certain état d'esprit et échappent à toute rationalisation. Si ça ne vous fait pas peur, c'est un film qui ne vous laissera ni indifférent ni indemne.