Le Commandeur monte en grade. Si tout n'est pas complètement réussi, certaines scènes pourraient être mieux traitées et écrites afin de ne pas faire boiter légèrement le rythme global du film, l'essentiel du film, son coeur, est au niveau de son ambition. Son ambition parlons en. J'ai lu certaines critiques qui reprochaient au film de ne pas choisir sa tonalité, de jouer sur plusieurs registres sans arriver à se décider. Alors aidons les à trouver : cela s'appelle un film feel-good. Certes, c'est pas hyper hype, trendy, arty ou intello, mais cela touche une veine populaire avec juste ce qu'il faut de fan service, ou de références pour toucher au coeur. Car, et cela satisfait mon côté midinette, c'est bien de cela qu'il s'agit quand on parle du Commandeur. Dans le fond du fond, le Jérôme, il veut parler au coeur. Et si cela marche, en tous cas en première semaine, c'est qu'en ce moment, un certain public français préfère aller surfer sur des histoires qui vont lui faire du bien... en un mot se divertir. Vous savez le gros mot qui fâche et qui oublie que le but premier du cinéma des Lumière c'était de divertir. Par les temps qui courent, se divertir, se changer les idées, essayer d'éviter d'avoir les doigts dans la prise 24/24, c'est assez normal non ? Donc aller renifler la nostalgie d'une adolescence pas si rigolarde que ça, avoir l'envie de côtoyer des personnages sympas, ou pas tant que ça, qui nous émeuvent et font marrer, qui nous rappellent gentiment qui nous étions, ou qui nous rêvions d'être, bref de faire un tour dans ce qu'on vit tous, qui s'appelle vieillir, en souriant et sans besoin de se complaire dans une gravité qui serait forcément plus intelligente, ça parait pas si con que ça. Et puis si il y a des petits manques de scénario qui peuvent être frustrants, mais que je décide de considérer comme une promesse à venir, il y a du talent. La réalisation est plus qu'assurée, un effort de direction de la photographie, palpable dans certaines comédies françaises depuis près de 10 ans, est également appréciable et si personne n'est surpris par le talent des Damiens, Lafitte, Côte, Commandeur, et la capacité de ce dernier à tirer le meilleur de sa distribution, on l'est plus par la chouette performance qui réconciliera pas mal de gens avec Paradis, car comme on disait in Boomer Time, "..elle est sensass!''. Mention évidemment toute particulière à La Barril qui fait le show et qui chope vraiment la queue du Mickey dans le film. Dans le côté Feel Good et midinette, on remercie Commandeur d'avoir convié, en leur donnant plus que des miettes condescendantes, Catherine Heigel, Rufus et Catherine Allégret. Bref, oui cela joue sur le ressort de la nostalgie, oui c'est un remake et non une idée originale, oui on peut trouver des défauts par ci par là, mais Fuck! Le monde déconne à plein tubes et j'ai envie de voir des comédies françaises qui font du bien, dans laquelle la tendresse est présente et qui nous montrent des acteurs et actrices qui s'amusent. Car c'est aussi ça le cinéma, ne l'oublions pas.