Mon épouse adore les films d'action. C'est comme ça. Son vidage de cerveau le soir passe par les films d'action et les comédies romantiques ou en costume. Parfois, ça nous impose des films pas facile.
Sur l'action, il faut reconnaître que ça fonctionne pas mal. Bon, comme souvent dans ce genre de film, le héros plane sur le game de la castagne en tout genre, ce qui ne rend pas toujours les scènes très crédible, mais ça passe. La note de 5 ne repose que là-dessus. Parce que, pour le reste, mon dieu.
Tout cela est d'un réactionnaire ! Quand on pense que c'est une boîte française (jusqu'en 2020, en tout cas), Europacorp, la boîte de Besson, qui a fait ça, c'est quand même navrant. Non que j'attende grand chose de Besson depuis bien longtemps, mais ce ramassis d'idées plus ou moins nauséabondes me débèquete un peu.
Première idée de vieux (ou jeune) réac : il n'y a qu'aux Etats-Unis qu'une jeune fille blanche mineure peut être en sécurité. Mais les gens savent à quel point les morts violentes aux Etats-Unis sont plus fréquentes qu'en Europe ? Non, parce qu'il faut sortir les chiffres : aux Etats-Unis, le taux de mort violente en 2021 était de 6,8 / 100 000 habitants, et en France de 1,2. 1 rapport de 1 à 5...
Seconde idée de vieux (ou jeune) réac : en France, tout le monde est corrompu et la mafia gangrène le pays. Je ne dis pas que la mafia et la corruption n'existe pas, je dis que ce n'est pas pire qu'aux States : la France est décrite dans ce film comme un immense cloaque.
Troisième idée de vieux (ou jeune) réac : pire que Jack Bauer (parce qu'au moins, philosophiquement, la question semblait exister, dans 24 heures chrono), Bryan Mills aka Liam Neeson, s'autorise tout pour retrouver sa fille : torture, meurtre, etc. Ce n'est pas que ce ne soit pas entendable qu'un père qui a les moyens techniques et physiques de le faire se mette à la poursuite des ravisseurs. Mais on nous met complètement en empathie avec ce mec, sans jamais rien questionner, et sans second degré.
Bryan Mills est un paranoïaque et il a raison de l'être. Il ne pourra jamais être heureux. Et encore, le premier Taken est le meilleur.