Tau, sorti en 2018, est un film de science-fiction qui propose une esthétique visuelle assez réussie, mais qui me laisse un avis plutôt mitigé à cause de ses facilités scénaristiques. J'ai bien aimé l'ambiance de ce huis clos futuriste et le design de la maison connectée qui installe une atmosphère technologique assez froide et élégante. L'idée de départ, qui voit une jeune femme séquestrée par un inventeur sociopathe et forcée d'interagir avec une intelligence artificielle pour s'échapper, est plutôt prenante au début. Maika Monroe livre une prestation solide et parvient à rendre son personnage attachant malgré l'isolement. Cependant, le film tombe rapidement dans un registre que j'ai trouvé un peu ridicule par moments. Ce n'est pas vraiment logique de voir une IA aussi avancée développer des sentiments aussi profonds et rapides pour une personne qu'elle ne connaît pas du tout, allant jusqu'à désobéir à son créateur et maître presque sur un coup de tête. Ce manque de rigueur dans l'écriture de l'intelligence artificielle casse la crédibilité de l'univers SF ; on a l'impression que la psychologie de la machine est calquée sur celle d'un enfant humain pour servir les besoins du scénario, ce qui paraît assez tiré par les cheveux. Si l'on accepte de mettre de côté cette incohérence sur le fonctionnement de l'IA, le film reste un divertissement correct avec un suspense qui se maintient jusqu'au bout. La relation entre l'héroïne et Tau offre quelques scènes touchantes, même si elles sont parfois un peu naïves. En résumé, c'est une petite production qui se laisse regarder pour ses décors et son concept, mais qui manque de profondeur et de logique scientifique pour devenir un classique du genre. On passe un moment plutôt sympa devant son écran, mais on ne peut s'empêcher de se dire que le potentiel du sujet a été un peu gâché par des raccourcis émotionnels trop faciles qui rendent l'ensemble un peu artificiel, au sens propre comme au figuré. Une expérience visuelle correcte qui plaira aux amateurs de SF légère, mais qui risque de frustrer les puristes du genre par ses réactions narratives un peu simplistes.