(Critique flash V1)
C’était mon anniversaire le 25 mars et j’ai obtenu le rare privilège de voir le film du grand parodiste Weird Al Yankovic en DVD d’importation avec une VF disponible. C’est dans ce film que ses célèbres parodies de Indiana Jones, de Rambo, de "Gandhi 2" et de "Conan le Libraire" ont lieu.
Weird Al incarne un rêveur au chômage (George Newman) qui devient le directeur d'une chaîne publique locale (Antenne 62) par le plus grand des hasards grâce à son oncle Harvey Bilchik. La station ne rencontre pas de suite le succès, subissant la concurrence du très foncièrement méchant Monsieur Fletcher et son Antenne 8, et n’ayant à proposer que des pubs bizarres comme Spatula City ou des croquettes pour chien accidentellement donné à un clown pendant l’émission de George Tonton Zinzin.
C’est là que vient l’homme providentiel : Stanley Spadowski (Michael Richards), un ex-concierge simple d’esprit mais très doué pour l’impro. Et c’est pour ça que je qualifie le film de « The Stanley Spadowski Parable » en référence au jeu vidéo The Stanley Parable : l’acteur derrière Seinfeld vole un peu la vedette à Weird Al (bien qu’il soit probablement derrière le plus gros de la créativité du film). En effet, Stanley arrive à animer les émissions de Antenne 62 mieux que George quand il animait Tonton Zinzin.
Et il est presque plus compétent pour se libérer lui-même quand il se fait kidnapper par des mafieux à la solde de Fletcher que George quand il veut se la jouer Rambo 2. Idem quand il s’agit de faire un téléthon pour sauver Antenne 62.
Après, j’aime toujours l’univers partagé avec Weird Al Yankovic et qui rappellera d’autres films parodiques et autres comédies absurdes façon Top Secret ou Hot Shots. Mais son personnage de George a l’air d’être un peu relégué par moments, et ses manières de sauver sa chaîne sont parfois discutables (comme quand il fait des talk-shows et invite des nazis, des types du KKK et des voyous qui se disputent, fait du sensationnalisme et se prend des coups).
Des lesbiennes nazies prostituées kidnappées par des extraterrestres et forcées de faire des programmes d’amaigrissement ! Cette semaine dans Town Talk-- *se prend une chaise*
Cependant, ça reste jouissif de voir Fletcher, le patron véreux et détestable de Antenne 8, pleurer car sa chaîne n’est plus autorisée à la fin (digne d’un Bolloré avec ses chaînes et émissions de désinformation et de divertissement-poubelle C8 et TPMP justement récemment déprogrammées, même si George et compagnie font un peu ça aussi).
Rien que pour ça, je suis bien content de voir Fran Drescher (de Une Nounou d’Enfer) en Pamela lui remettant le couteau dans la plaie avec ses questions journalistiques.
Il arrivera que certaines scènes paraissent un peu aléatoires (notamment la chanson Beverley Hillbilies qui parodie à la fois la série du même nom et Money for Nothing de Dire Straits sans qu’on comprenne forcément le rapport avec la critique de l’industrie télévisuelle). Mais George reste hilarant même dans ses instants de détresse ou de dépression après avoir été rejeté une fois par Teri.
Heureusement qu’il est bien entouré : en plus de Pamela, Bob (David Bowe, ne pas confondre avec le Thin White Duke) et Stanley, il a une tante et un oncle riches qui lui laissent une chance de s’exprimer, ainsi qu’un Doc Philo spécialiste en sciences et en technologie qui participe à la victoire du téléthon de Antenne 62 et à la chute sociale et professionnelle de Fletcher comme il se doit.
Plot twist : c’est un extra-terrestre au design digne de Large Marge de Pee Wee's Big Adventure
UHF (pour « Ultra Haute Fréquence ») mélange donc satire de l’industrie télévisuelle américaine et défense des petites chaînes locales contre l’appétit et la malhonnêteté de plus grosses chaînes à la Fox News. L’homme ordinaire voire « d’en bas » est même glorifié avec Stanley, vu que c’est lui qui fait le succès de la chaîne alors qu’il n’était que concierge attaché sa serpillère et « idiot » à la base, un peu comme le Toxic Avenger de Llyod Kaufman et Troma.
En soit, UHF paraît un peu comme un hommage autoparodique voire auto-critique de sa propre industrie et de son propre univers, piochant et créant des références populaires par ci-par là. Le film parfait si on est fan de Weird Al Yankovic en somme.