C'est une histoire typique du dépassement de soi, dans laquelle un garçon des classes populaires, dans la France multiculturelle et métisse d'aujourd'hui, parvient à réussir (ici presque sans le vouloir) grâce à son talent et à recevoir l'aide adéquate. Rien que l'on n'ait pas vu bien d'autres fois au cinéma, très porté à évoquer ce type d'histoire en les assaisonnant d'une vue sur le milieu social. Le tout très léger, avec une prédominance de personnages positifs et sans conflits mais teinté de vrai drame.
je ne connais rien au milieu des banlieues ou du rap, je connais assez bien le milieu de l'Opéra. Ici traité avec une bienveillance exagérée et je suppose que c'est pareil pour le milieu des battles. Mais je ne crois pas qu'on puisse reprocher à ce film son manque de réalisme. Il y a des films qui font ça très bien et dont c'est la volonté. Ici on est dans le doux amer (qui en réalité distille un sentiment moins réel mais plus vrai, plus en résonnance avec les sentiments humains à mon avis que les films réalistes. Ce qui est par ailleurs une des caractéristiques de l'Opéra quand il est réussi : crédibilité zéro émotion 10 puissance 100.
Le passages ou Michel Laroque explique pourquoi l 'Opéra déchaîne un maelström d'émotion qui ressemble à l'amour est extrêmement bien vu. C'est exactement ça. Zidi jr connaît visiblement cette émotion. Il sait que l'art sans émotion ne vaut rien.
Après bien sûr c'est un mélo donc ce n'est pas vraiment crédible. Mais ça n'a pas vraiment d'importance puisque ici le réalisme n'est pas le sujet du film. Et oui j'ai pleuré plusieurs fois et à la fin j'ai été très ému. Comme après avoir vu une belle version de La Bohème.
"Ténor" se meut pas mal au travers du social de la banlieue parisienne (problèmes avec la loi, préjugés, violence, affrontement entre gangs) tandis que son protagoniste est tiraillée entre son quartier et ses amis et l'élégance et le brio de l'opéra parisien. Cette dichotomie qui entoure le personnage est la même que celle qui entourera l'intrigue du film, créant le principal front de conflit que le scénario traitera et que, à mon avis, il sait gérer avec beaucoup de succès, alternant des moments dramatiques avec d'autres plus légers.
Le duo de tête est franchement sensationnel. Mohammed Belkhir qui fait ses débuts dans ce film, est particulièrement surprenant, et fait preuve d'un énorme talent artistique dans tous les domaines le chant (chose logique sachant qu'il venait de participer à l'émission "The Voice") mais il se se déplace également avec une grande aisance dans les aspects plus dramatiques du scénario. Michèle Laroque, pour sa part, joue avec talent et solvabilité et continue de montrer qu'elle est une comédienne toujours fiable. La chimie entre les deux est merveilleuse et le véritable cœur de toutes les images.
Les qualités du film l'emportent sur ses défauts, on le voit avec plaisir et intérêt et beaucoup d' émotion.