Bien qu’inscrit dans un univers célèbre aux codes très établis, "Terminator Salvation" trouve son identité propre, et réussit donc là où la plupart des autres films "franchisés" échouent . Il ose poser un postulat de départ qui va à l’encontre de celui des films précédents (le Judgment Day a finalement eu lieu), ce qui lui permet de s’affranchir du cahier des charges d’un "Terminator" classique pour n’avoir l’air ni d’un remake ni d’un film hommage, comme ont pu l'être le moyen "Terminator 3" et le catastrophique "Terminator : Genisys", bien trop étouffés par l’aura des films de James Cameron.
"Terminator Salvation" ressemble davantage à un film post-apocalyptique qu’à un "Terminator" et, dans ce genre, s'en sort plutôt bien. De par un ton, des couleurs et des évènements qui lui sont propres, il contrecarre habilement toute tentative de comparaison.
Malheureusement, pas pendant tout le film. En effet, il semble qu’une pression des studios et un désir de satisfaire les puristes l’aient empêché d’aller au bout de son projet. Le film se sent comme obligé de faire certaines références aux films précédents et offre alors des scènes qui se détachent de l’ambiance générale et tombent à plat. La plus évidente est celle de l’Arnold Schwarzenegger numérique. Faire un "Terminator" sans lui était en soi une prise de risque, et cette scène illustre une certaine frilosité dans le processus créatif qui alourdit le film.
Le jeu des acteurs peut, lui aussi, être critiqué. Tout d’abord, Christian Bale surjoue. Incarner un personnage aussi emblématique, voire prophétique que John Connor, et lui donner de l’épaisseur, ne doit pas être chose aisée. Néanmoins, il en fait un être sans faille plutôt antipathique. Le rôle de la petite fille muette, sensée justement donner de l’humanité au film, est mal écrit et se révèle inutile, voire irritant. Et la carrière de Bryce Dallas Howard ne décollera probablement jamais.