La bande-annonce t’a menti, comme ton ex quand elle disait qu’elle t’aimait
Alors déjà, premier avertissement : si t’as maté la bande-annonce et que t’as vu Rami Malek fixer l’horizon avec un flingue et une explosion derrière, en te disant "putain ça va être 24 heures chrono version cérébrale"… t’es foutu. On t’a eu. Bienvenue au club des pigeons.
Parce que non, The Amateur, c’est pas un film d’action. C’est un thriller psychologique d’espionnage mou du genou, où on te fait croire que ce gringalet de Rami va se transformer en John Wick alors qu’en vrai, il galère à changer une cartouche d’encre sans pleurer.
Un héros en mission vengeance... mais avec des moufles
Charlie Heller, c’est un informaticien de la CIA. Un mec qui vit pour les lignes de code et qui flippe dès qu’il doit appeler une pizzeria. Il perd sa femme dans un attentat et décide de se venger… en piratant des bases de données et en envoyant des mails.
Le mec passe 2h à traquer des terroristes comme s’il cherchait des promos sur Cdiscount. C’est pas The Equalizer, c’est Le Journal du Net version dépressive. Et qu’on soit clair : t’as autant de tension qu’un épisode de Plus Belle La Vie.
Un scénario calibré pour les somnifères de luxe
T’as un pitch qui aurait pu marcher : vengeance, CIA, complot. Mais le film prend ça et te le sert tiède, dans un emballage recyclable. C’est cousu de fil blanc, avec les grosses ficelles de tout bon vieux téléfilm de France 2 : flashbacks tragiques, trahisons molles, dialogues pseudo-profonds qui sonnent comme des citations de Paulo Coelho sous drogue.
Le titre, "The Amateur", te fait croire que le mec part de zéro. En vrai, le gars est juste introverti, pas con. C’est un nerd, pas un bleu. C’est pas l’innocent dans la jungle, c’est juste un type qui n’a pas de poils sous les bras et qui veut venger sa meuf avec des PDF.
Les scènes d’action : des PowerPoint animés
Quand ça s’active un peu, c’est pas franchement la fête non plus. Les scènes d’action sont rares, plates, mal rythmées. On dirait un cours de self-défense filmé par un aveugle. T’as pas de sueur, pas de peur, pas de tripes. C’est du "pan pan" sans punch. Même un mec qui se blesse en ouvrant une boîte de conserve est plus intense.
Et quand t’en arrives à espérer qu’un terroriste pète un câble juste pour relancer le rythme… c’est que t’as un putain de problème de mise en scène.
Fishburne vient encaisser son chèque. Brosnahan fait ce qu’elle peut. Le reste ? Un post-it oublié.
Laurence Fishburne, il débarque deux fois, il balance des phrases type "La CIA n’est pas prête" avec sa voix de Morpheus, puis il repart se coucher. Rachel Brosnahan, elle, essaie d’y croire, mais elle a le charisme d’un dossier Excel en deuil. Quant aux autres, on les oublie dès qu’ils sortent du champ, comme les stagiaires dans un open space.
Ce casting, c’est comme une salade de supermarché : de loin ça a l’air frais, mais dès que t’ouvres, ça sent le renfermé.
Conclusion : Un film qui veut être Tinker Tailor Soldier Spy mais qui finit comme un épisode chiant de Mr. Robot
The Amateur te vend du thriller nerveux, il t’offre de la bureaucratie molle, de la vengeance dépressive et des réunions en visio avec la CIA. C’est pas qu’on veut de la violence gratuite — quoique, parfois, si — c’est qu’on veut du rythme, du muscle, de la tension. Là on a du flou artistique et des plans fixes sur un mec qui regarde des lignes de code en pleurant dans l’obscurité.
Si t’es insomniaque, c’est une masterclass. Si t’attendais un thriller efficace, fuis. Si t’espérais un nouveau Jason Bourne, t’as eu un assistant IT qui tape une vengeance passive-agressive avec des fichiers ZIP. À ce stade-là, même Les Choristes fout plus la trouille.
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