The American par TheGreatGatsby
Ce n’est ni pour l’adaptation du bouquin, que je n’ai pas lu, ni pour la présence de Clooney, acteur sympathique mais très cabotin, que je souhaitais voir The American mais pour Anton Corbijn, réalisateur du très réussi Control, portrait-biopic de Ian Curtis, sorti en 2007. Pas de déception de ce côté-là : The American porte la marque de Corbijn, dans sa mise en scène et sa photographie. C’est léché, inventif, souvent magnifique sans jamais paraitre trop posé ou trop appuyé. Corbijn filme l’Italie comme si c’était la Suède, sombre et froide, comme s’il s’agissait du paysage intérieur de Jack, meurtri et traqué. Les passages les plus lumineux visuellement (au bord du lac) suivent l’évolution du personnage vers une tentative de rédemption comme autant de bulles d’apaisement sur un chemin de croix (la beauté exceptionnelle de Violante Placido doit aider à se sentir mieux...)
The American est un thriller à part, sans scènes d’action, sans pics de tension. Corbijn filme l’attente de son personnage avec minutie (la fabrication et le montage d’une arme) en mettant de côté tout ce qui fait le sel du genre (l’aspect montagnes russes). Il applique au thriller ce qu’il avait fait subir au Biopic avec Control : isoler la figure principale pour ne s’intéresser qu’à elle et esquisser le portrait d’un état mental. The American est à l’image de son personnage : faussement calme, contemplatif et torturé.