The Brutalist est quasi devenu un classique instantané du cinéma américain moderne. Le cinéma de Brady Corbet, certes peut-être clivant, mais indéniablement remplit de qualités et de références cinématographiques profondes. L'histoire est celle d'un exilé, un architecte juif hongrois fuyant le Nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale, débarquant misérable aux États-Unis comme des milliers d'autres. Ce portrait d'un homme, non dénué d'ambiguïté et de failles, est à la fois inscrit dans un vrai Classicisme américain (on pense à d'autres grandes fresques historiques) mais aussi d'une véritable modernité. Un modernisme passant non seulement par les thèmes résonnant dans l'actualité, alors que l'histoire se déroule il y a plusieurs décennies, mais aussi par le traitement psychologique. La réalisation joue également sur cette dichotomie, puisque nous avons droit à des cadrages de paysages ou de lieux très classiques souvent magnifique et graphique tout en mêlant à ceux-ci des séquences plus oniriques voir lyriques à la limite de l'expérimentation visuelle (notamment dans des passages de transitions) comme dans les oeuvres précédentes de Corbet. Ce film a aussi connu le succès grâce aux interprétations rigoureuses d'un casting de haut-vol. Le reproche que je ferais concerne la longueur excessive de la durée, car il y avait certainement moyen de réduire celle-ci sans perdre de cet aspect monumental.