« Beaucoup de bruit pour rien », « Pas de quoi fouetter un chat », ce sont les premières impressions qui me restent. Oui, pas mal, mais le sujet méritait-il tant d’intérêt et de tapage médiatique ? J’en attendais plus.
On est tenu en haleine du début à la fin, pas un moment d’ennui, d’inattention, pour ça c’est réussi. Adrian Brody est vraiment extraordinaire, il vole dans l’univers du dessus, il crève l’écran et tient le film à bout de bras d’un bout à l’autre de ces 3h30 de spectacle, il fait partie des meilleurs comédiens du monde je crois. Félicity Jones et Guy Pearce, loin d’être en reste, sauvent également le film.
Après, bon, l’holocauste et ses traumatismes, ça fait longtemps que c’est plus que répétitif, et à moins de faire quelque chose de géant, ben ça fait juste une répétition de plus. Les thèmes et enjeux sont traités sans nouveauté, restent sympas mais souvent avec caricatures vues et revues. Celle de la méchante bourgeoisie américaine, celle des vilains racistes pas beaux, celle des malheureux immigrés, celle des Juifs victimes perpétuelles, celle de la toxicomanie, celle de l’homosexualité aussi.
Après, ça n’engage que ma sensibilité personnelle, mais je n’aime pas le brutalisme, du coup j’ai eu aussi du mal avec l’aspect artistique. Et enfin, le grand message transcendant du final, il se trouve que je suis un adepte du strict opposé. Je suis donc resté sur ma faim.
Et pourtant tout cela fut fait, vu et ressenti avec un art de l’émotion et de l’empathie tout à fait accompli, bravo à la mise en scène, ce qui devient rare dans notre époque d’agitations décérébrées. J’ai donc bien apprécié la forme, mais pas le fond. Alors voilà, en résumé : un bon petit film pas mal.