Film écrit comme un biopic, mais qui n'est pas une histoire vraie. Je suis content de l'avoir vu au ciné, notamment pour l'expérience de l'entracte qui est bien pertinente ici. On nous laisse le temps de ruminer, de reprendre son souffle dans un film intellectuel qui nécessite de se poser un peu. Le thème principal est superbe (je sais pas quoi dire de plus lol, la critique musicale c'est trop dur)
Après, bwarf, on parle d'architecture mais sans jamais faire de choix, sans jamais montrer une direction. Déjà, que veut transmettre Lazslo à l'humanité ? Pourquoi choisir le brutalisme, moderne par essence et souvent controversé ? L'utilisation de ce style architectural plutôt qu'un autre n'est pas justifiée. Ensuite, que réussi-t-il à transmettre concrètement ? Jamais on ne voit les conséquences de ces actes, jamais on ne saisi l'influence de son art sur ses contemporains.
Il manque du liant entre la psychologie de Lazslo et l'empreinte de son oeuvre. Seule lors de la scène de clotûre, on en apprend un peu plus. A travers un discours explicatif très laid, on apprend enfin les motivations magnifiques de Lazslo : graver son expérience de l'amour et de ses traumatismes. En fait, le film a des fulgurances littéraires (la scène d'intro absolument splendide, certains dialogues entre Lazslo et son employeur également...) mais sur-exploite cette qualité, notamment dans cette scène finale. "Au cinéma, il ne faut pas dire, il faut montrer".
Le film est bien construit par ailleurs et traite -parallèlement à l'architecture- une multitude de sous thème avec justesse. Malheureusement, les défauts cités plus hauts prennent le dessus et laisse au final un vide qui n'est pas totalement comblé.