"Alerte film culte" pour ce The Connection, réalisé par l'auteure d'avant-garde new yorkaise Sjirley Clarke. Ce long-métrage quasi oublié, hormis d'un cercle de cinéphiles et d'historiens du cinéma, est révolutionnaire à plusieurs niveaux. D'abord à propos de son sujet, la toxicomanie, qui était à l'époque un problème sociétal mis de côté presque tabou mais Shirley Clarke quant à elle, l'aborde de façon frontale sans détour montrant même à la fin une injection d'héroïne ce qui a du choquer l'audience ! Ensuite le film en quelque sorte inventait quarante ans avant tout le monde le "found footage" puisque un carton au début indique qu'il s'agit d'un documentaire retrouvé. Certes The Connection est un faux documentaire mais reste bel et bien une fiction, Clarke assume cela et donne même une apparence de théâtre filmé (avec sa troupe personnelle d'acteurs) sans trop se soucier de s'inscrire dans le Réalisme ou le Naturalisme. La mise en scène se fait en huis clos, sans jamais quitter le loft moisi ou se réunit plusieurs toxicos attendant leurs dealers, l'objectif est tantôt posé longuement sur un personnage, tantôt virevolte de l'un à l'autre, le noir et blanc est granuleux. The Connection est une oeuvre marquante qui n'est pas sans rappeler les premiers films de Cassavetes par son audace, sa nouveauté et un sujet adulte.