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Que la bête meure
Je me demande bien d'où sort ce saugrenu château de style français qu'on voit sur l'affiche, vu que l'histoire se passe dans la campagne anglaise où vous ne verrez que des cottages on ne peut plus...
le 19 nov. 2025
Je me demande bien d'où sort ce saugrenu château de style français qu'on voit sur l'affiche, vu que l'histoire se passe dans la campagne anglaise où vous ne verrez que des cottages on ne peut plus typiques...
Je commencerai par les défauts. L'interprétation, en dehors de Michael Gough, n'est clairement pas l'atout principal du film. Le scénario a quelques trous et il y a quelques plans inutiles (le voyage en voiture du père). Si vous êtes allergiques aux fins surexplicatives, vous serez comblés : celle de "Crucible of Horror" vous abandonnera avec toutes vos questions ! Je trouve cependant qu'un deuxième visionnage apporte quelques petits indices qui permettent de trouver quelques réponses a posteriori. On n'a pas toutes les réponses, mais j'ai maintenant ma petite idée sur ce qui s'est passé et ça me suffit. ^^
Après les (petits) défauts, place aux atouts. Le premier est le délectable méchant du film, formidablement interprété par Michael Gough. Il vaut largement un visionnage à lui tout seul. Père et mari rigide et sadique, M. Eastwood se délecte quotidiennement à torturer mentalement les femmes de sa maison (sa femme et sa fille). Seul son fils est épargné et est même encouragé à suivre son exemple dans l'humiliation verbale envers la gent féminine. Mais sa perversité ne s'arrête pas là. Il n'hésite pas à appliquer des châtiments corporels sur sa fille (à la cravache) et semble taraudé par des désirs incestueux inavouables dont il se purge par lavages de mains compulsifs. Le mec mérite amplement de figurer au sommet de la liste des plus gros méchants du cinéma, aux côtés du Paul Mallen de "Gaslight". J'ai pensé aussi bien sûr à Jean Yanne dans "Que la Bête meure", à la différence que M. Eastwood pratique l'humiliation avec une classe toute britannique loin de la vulgarité de Paul Decourt.
Rupert, son fils, suit les traces de son père avec un zèle qui fait froid dans le dos.
La mère n'est plus qu'un être soumis et fantomatique, se réfugiant dans son atelier de peinture. Seule la fille de 16 ans essaie de se rebeller. Après la correction particulièrement sauvage à coups de cravache infligée à sa fille, la mère décide d'éliminer le père avec l'aide de celle-ci.
J'en arrive au deuxième atout du film : son ambiance dérangeante et étouffante. Le père, bien secondé par son fils, fait régner un climat de peur et de danger dans sa maison. Il contrôle les relations, le courrier et l'emploi du temps de sa femme et de sa fille. Les deux femmes sont dans un état de stress permanent. Le film montre bien comment le patriarche arrive à les contrôler par un harcèlement méthodique, comme un étau qu'il resserre progressivement jusqu'à les broyer nerveusement.
Une grande réussite dans la représentation du mal domestique ordinaire et à bas bruit.
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le 19 nov. 2025
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