The Descendants par Florian Bodin
Après Les Infidèles qui traitait du thème de l'infidélité mais sous sept angles différents, The Descendants préfère se concentrer sur un seul cas de figure sur fond de drame familial. Nonimé aux Oscars, notamment pour le meilleur acteur et pour le meilleur film, The Descendants repartira seulement avec le prix du meilleur scénario adapté. Un comble quand on voit la réussite totale du film.
Car il faut bien le dire, The Descendants méritait largement l'un des deux prix cités ci-dessus, si bien sûr les prix avaient été remis en fonction de la qualité et non de ce que tout cela représentait. Mais là n'est pas la question car The Descendants, contrairement à ce que l'on pourrait penser de primer abord est loin d'être déprimant. Plutôt que de faire un film suicidaire comme tout bon français sait le faire, ici Alexander Payne nous sert une comédie dramatique douce et mordante, arrivant malgré tout à y intégrer une bonne part de réfléxion, en partie sur la question du pardon.
Ici le pardon concerne l'infidélité de la mère de famille qui suite à un accident de hors-bord va se retrouver dans un état végétatif. Comment réagir face à cela ? D'un côté il y a le respect que l'on devrait avoir envers une personne mourante mais de l'autre il y a cette haine et ce besoin irrépressible de tout cracher à la figure de celle-ci. Durant toute la durée du film, le film sera donc dans cette optique de réfléxion : comment réagir face à la mort d'un proche ? comment réagir face à un ami trompé ? etc... ce qui au final devient réellement passionnant, en particulier quand le sujet peut nous rappeler des choses vécues dans notre propre vie.
Le tout associé à une réalisation magnifique, simple et propre mettant clairement en valeur les décors paradisiaques ou toute la famille se trouve, vous ne pourrez qu'être emporté dans ce tourbillon de sentiments. Jamais hors propos, le scénario nous propose différents personnages aux caractère bien différent et incroyablement bien interprétés, en particulier ceux de George Clooney complètement abattu, qui se retrouve bien loin de ses rôles aux sourires charmeurs et de Judy Greer qui ne se révèle réellement qu'à la toute fin mais qui nous marque à jamais dans sa situation de femme trompée.
On notera aussi la performance de la petite Amara Miller incroyable quand elle apprend la nouvelle tragique ou encore Beau Bridges qui se voit offrir un véritable rôle.
Bref The Descendants est un véritable bijou en matière de comédie dramatique. Toujours juste, réfléchi et parfaitement construit, le film n'ennuie pas une seconde. On rigole, on souris et on pleure sur fond de décors hawaïens absolument sublimes. Chaque personnage à son trait de caractère et chacun y va de son interprétation sur l'évènement tragique qu'ils vivent. Alexander Payne réussit avec brio à nous prendre par les tripes sans jamais tomber dans le mélo cliché et c'est déjà beaucoup. Si vous avez encore l'occasion de le voir, n'hésitez pas car depuis le début de l'année, on à pas vu mieux dans les salles obscures.