Geeta Gandbhir, déjà remarquée pour The Perfect Neighbor (nommé aux Oscars 2026), revient avec The Devil Is Busy, cette fois dans la catégorie du court-métrage documentaire.
La réalisatrice pose sa caméra dans un centre d'avortement d'Atlanta. Le dispositif est simple : elle suit la personne chargée d'accueillir et de protéger les patientes, véritable rempart humain face aux manifestants pro-life postés à l'entrée.
Le cadre légal (six semaines maximum) plane comme une urgence permanente. C'est très tôt, trop tôt pour beaucoup de femmes, et certaines doivent être refusées. Cette limite transforme chaque rendez-vous en course contre la montre.
Ce qui frappe, c'est la violence des mots. Les versets bibliques scandés à l'extérieur, le chantage religieux, la culpabilisation systématique. Mais le film montre que la prière existe dans les deux camps: d'un côté, un Dieu juge, et de l'autre, un Dieu clément et miséricordieux.
La foi devient un langage commun, utilisé pour défendre des visions divergeantes.
Gandbhir filme sans emphase, laissant la tension naître d'elle-même. Le film ne cherche pas le choc, mais l'observation. Il montre la fatigue, la détermination, et l'étrange banalité d'un lieu devenu champ de bataille idéologique.