Ce Bain du Diable est trompeur, d'ailleurs les producteurs en jouent certainement, car il ne s'agit pas vraiment d'un film d'horreur à proprement parler (il est catalogué dans le genre Folk Horror), du moins il n'y a rien de surnaturel ou fantastique dans cette histoire. L'action se déroule au milieu du XVIIIème siècle dans les montagne autrichienne, une jeune femme fraîchement mariée sombre progressivement dans un grave dépression nerveuse. Le film est assez "hard" car la vie en ces temps-là était difficile, l'obscurantisme des moeurs, judiciaire et religieux, la misère, le travail à la dur sans parler de l'aspect psychologique et génétique (on voit pas mal de personnes handicapées ou malades); les maladies mentales, dont la dépression étaient des maux totalement inconnus à l'époque, sans possibilité d'être soignés. Certaines scènes sont à la limite du gore, des séquences sont ignobles et violentes, c'est sur ce point que réside l'horreur. La mise en scène est soignée, millimétrée même avec une lenteur calculée, la caméra serpentant dans ces forêts, dans ces champs, un soin est donné aussi à la lumière avec des clairs-obscurs dans les intérieurs contrastant avec les extérieurs lumineux. L'actrice Anja Plaschg produit une prestation assez puissante, elle joue bien l'effondrement moral et psychologique.