Trois ans après son «Sick of Myself» (une comédie noire et grinçante sur l'égocentrisme compulsif et démesuré), le cinéaste norvégien Kristoffer Borgli (Dream Scenario) nous propose cette fois-ci une anti-rom-com, plaisamment gênante, qui nous démontre que TOUTES les vérités ne sont pas forcément bonnes à dire, et encore moins quand vous êtes sur le point de vous marier.
Co-produit par Ari Aster, le récit d'un aveu du passé (faisant directement écho à une "tradition tragique" trop bien ancrée aux USA) qui va tout faire basculer et venir remettre en question la confiance, et donc le lien, qui s'est bâti au sein d'un couple éperdument amoureux.
Porté par l'alchimie mise à rude épreuve entre Robert Pattinson et Zendaya (que l'on retrouvera cette année dans «L'Odyssée» et «Dune 3»), le film vient faire s'opposer plutôt intelligemment la préservation de la "pureté idéale", dictée par le théâtre des apparences que peut représenter le mariage, à cette vérité révélée spontanément et qui dérange, met mal à l'aise, mais fait malgré tout partie de l'être aimé, et ce qu'il a été un moment de sa vie.
Une vérité qui va s'insinuer, progressivement et inévitablement, et faire place aux questionnements et à la méfiance. Une relation prétendument amicale et sincère qui va laisser place aux jugements, et des regards amoureux et familiers qui vont changer malgré eux. Jusqu'au plus beau jour de leur vie, qui ne va, forcément, pas se passer comme prévu.
Sans vraiment être l’œuvre radicale et incontrôlable qu'elle aurait pu devenir au vu de son sujet, en particulier dans sa partie finale (m'ayant un peu rappelé l'un des segments des «Nouveaux Sauvages»), une fable décalée et assez mordante qui se suit avec plaisir, grâce à son casting et sa mise en scène, s'amusant à illustrer et détourner les pensées de nos protagonistes.
Un film qui, en tous cas, n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd (pardon). 7-7,5/10.