La bande-annonce de The Drama, vue au cinéma, avait su attiser la curiosité tout en se gardant bien de vendre la mèche sur le secret divulgué qui entache le mariage en préparation. Je ferais donc de même en taisant la chose.
Car la chose arrive, comme en présage ce découpage qui met la puce à l’oreille qu’un truc cloche, qu’une dissonance pointe dans ce début de film qui semble singer les codes de la rom-com pour mieux en proposer le délitement. Tout comme Charlie (Robert Pattinson dont le talent n’est plus à prouver et qui compose avec une Zendaya de plus en plus intéressante) qui voit le doute se planter insidieusement dans son esprit, le spectateur n’est pas certain de la tournure que vont prendre les évènements suite à la révélation initiale. Un drame, comme le suggère le titre? Un thriller, comme le sous-entend le montage? Une comédie noire? Kristoffer Borgli (déjà derrière le curieux Dream Scenario) se garde bien de dévoiler ses cartes.
Il n’hésite par contre pas à mettre les personnages face à leur propres contradictions et à l’hypocrisie affichée. Notamment dans la démesure de la réaction face au dévoilement du pot aux roses, qui sonne comme le bouleversement du confort de cette bourgeoisie guindée (au vu des appartements habités, des prestations du mariage - qui se paie de cours particulier de danse?), pétrie de certitude et n’hésitant pas à faire deux poids deux mesures selon ce qui l’arrange.
Une femme prompte à jeter l’opprobre à une DJ qui aurait pris de l’héroïne tandis qu’elle a elle même traumatisé un gamin mentalement déficient en le séquestrant. Une autre se faisant juge de la psychopathie en ayant elle-même trompé son ex avec un homme qui l’a traité comme de la merde, et actuellement en relation avec un autre qui utilise la violence comme moyen de communication. On accuse sans jeter un œil au miroir.
Mieux qu’une gentille chiquenaude à ce puritanisme ignorant, The Drama aborde de façon juste le rejet de la détresse mentale passée et présente. Il dresse le portrait d’une société qui préfère se débarrasser des symptômes plutôt que de traiter le problème ancré dans la culture occidentale, et plus particulièrement américaine, à la souche. Il paraît plus simple de blâmer sans chercher à comprendre, d'étiqueter sans nuancer, de commérer que de communiquer.
Et dans tout cela, il reste l’amour. Inconditionnel, laborieux, mais sincère. Celui-là même qui laisse le doute devenir une seconde chance, un nouveau départ. Celui-là même qui nous impose de ne pas arrêter notre estime d’une personne lorsqu’elle est dans les pires moments de sa vie.
J’y allais curieux, j’en ressort conquis.