The Dreadful
3.6
The Dreadful

Film de Natasha Kermani (2026)

Bon.

The Dreadful… honnêtement, je suis encore dedans.

D'aucun vont dire qu'il n'ont pas compris. Qu'est-ce que c'est que ce film sans rien dedans... Les habituels d'aucuns qui ont besoin qu'on les tienne par la main pour comprendre un film.

Quant à moi, je ne pensais pas que le film irait aussi loin dans cette ambiance presque gothique. Pas gothique “costume et chandeliers”, mais gothique dans la sensation : quelque chose de moite, de feutré, de menaçant sans jamais hurler. Une lente montée d’ombre.

Et puis ces trois-là.

Sophie Turner est étonnante. Vraiment. Passer de reine du Nord à ce rôle tout en retenue, avec cette fragilité tendue qui donne l’impression qu’elle pourrait se fissurer à tout moment. Son regard fait la moitié du travail. Il y a chez elle une maturité nouvelle, une gravité que je ne lui avais pas toujours vue à ce niveau-là. Elle porte le film sans l’écraser. J'ai réussi à oublier le Phénix...

Face à elle, Marcia Gay Harden est magistrale. Mais magistrale sans effet. Elle installe une autorité tranquille, presque minérale. Une inquiétude presque palpable. Chaque réplique semble pesée, chaque silence aussi. Elle apporte une profondeur morale puis un trouble dérangeant au récit, une ambiguïté qui nourrit l’atmosphère. On sent l’expérience, la maîtrise, mais jamais la démonstration.

Et Kit Harington… quel contre-emploi. C’est probablement ce qui m’a le plus surpris. On l’attendait dans une posture héroïque, ou du moins solide. Et le film le fragilise, le décale, presque le désarme. Il est plus trouble, plus vulnérable. Cette dissonance fonctionne extrêmement bien. On le redécouvre.

Ce trio crée une tension presque électrique. Pas de grands éclats, mais une intensité constante. Les scènes à trois sont d’une précision incroyable — on sent les non-dits circuler, les regards se charger de sous-entendus.

Et la photographie… Les éclairages ? Ces clair-obscur presque caravagesques (j'adore Le Caravage) ? Les visages sculptés par la lumière, les intérieurs plongés dans une pénombre travaillée, jamais plate. Chaque plan semble pensé. On est loin d’une esthétique standardisée. C’est beau, mais ce n’est pas décoratif : la lumière participe au malaise.

Le rythme aussi m’a marqué. Lent, oui. Mais maîtrisé. Pas une seconde d’ennui. Il y a une tension souterraine qui ne retombe jamais. Le film te tient, il te garde dans cet état d’alerte douce, comme si quelque chose pouvait basculer à tout moment.

Et cette fin… elle ne cherche pas l’effet choc. Elle reste fidèle à l’atmosphère. Elle laisse une trace, une vibration un peu sombre qui continue après la projection.

Franchement, on va en parler. Ils vont en parler, et il y aura deux camps, tu verras. C’est le genre de film qui divise peut-être, mais qui ne laisse pas indifférent. Une vraie proposition esthétique, un trio d’acteurs pas loin du sommet, une photographie superbe.

Je ne me suis pas ennuyé une seconde.

Et ça, déjà, c’est précieux.

C'est tout ce que j'ai à dire sur ce film.


Nicolas-Elie
7
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le 20 févr. 2026

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Nicolas Elie

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1
5

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