Dans son pitch, le film a tout du road movie et du film post apocalyptique, mais ne s'y attarde jamais. Et même, ne s'y concentre pas. Les conséquences de l'événement (une catastrophe naturelle) sont bien présentes, mais la réalisatrice explore l'amour maternel, les responsabilités de la maternité, et le deuil. Un film qui renvoie aux sens, notamment tout ce qui est tactile, pour caractériser ce bouleversement au sein de la vie d'une femme. Un film de science-fiction intimiste, dont l'ampleur est mise au service d'une contemplation et d'une méditation. Très terre à terre, les paysages varient comme des émotions et les sensations de la protagoniste vis-à-vis de sa maternité varient également. Une mise en scène à ciel ouvert, alors qu'il s'agit d'explorer une intériorité fluctuante. La sublime idée de Mahalia Belo est de faire corréler les images intimes de la maternité avec les images d'un paysage en transformation, ou les images de paysages qui se succèdent. Le film post apocalyptique, le road movie, ne sont que des métaphores pour trouver à l'image une représentation des tourments qui caractérise les personnages divers. Un film qui fixe la vulnérabilité et l'indécision, face à un idéalisme qui ne cesse de décevoir.